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 Lorsque la paresse rencontre l'orgueil [Pv Bullock] En cours

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« Eliott K.Prescott/Absolem »


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MessageSujet: Lorsque la paresse rencontre l'orgueil [Pv Bullock] En cours   Mer 18 Fév - 16:47

« Angels who can't speak, never forget but sometimes fogive.
The Fake one will fall for the sake of this world.
 
»
Gotham, 17 Novembre, 2014.
La semaine dernière, ton message avait fait la une des journaux et il continuait à apparaître sur certaines des pages recensant les plus grands criminels de Gotham. Le lendemain de ton double meurtre, lorsqu'ils passaient ton Hermès à la télévision, tu étais en train de le décortiquer dans la morgue de la GCPD. C'était ton œuvre mais, malheureusement, tu devais le démonter aussi puisque ton boulot était d'identifier les victimes. Tu connaissais la plupart puisque tu les avais minutieusement étudiées avant de les attaquer. Seuls les petits témoins, tels que le dealer -qui t'avait généreusement prêté son corps pour faire ta sculpture-, t'étaient inconnus donc tu n'avais pas besoin de faire beaucoup de recherches. Tu faisais mine de tout réviser, en fait. Tu demeurais naturel et professionnel, c'est pourquoi tu n'as rendu ton rapport d'autopsie que quelques jours plus tard. D'ailleurs, pour un légiste, tu travaillais rapidement et efficacement, personne n'aurait jamais été capable de te suspecter de quoi que ce soit. Et, malgré la petite taille de cet œuvre d'art, il te fallut employer l'ADN d'une quinzaine de personnes. Pas mal, n'est-ce pas ? Tu étais toujours aussi... créatif. Tu en étais fier, il avait arraché un sourire à ton cher Drake.

La nuit était tombée, tu venais à peine de quitter l'hôpital où tu faisais quelques heures en tant que légiste et spécialiste des troubles cardio-respiratoires et la dégénérescence musculaire. Pourquoi ? Parce que c'était sensé compléter ton emploi du temps (renforçant tes alibis) et remplir un peu plus ton portefeuilles. Tu étais sorti de l'institution assez vite puisque la police avait appelé à l'accueil pour te prévenir -étant donné que tu n'avais pas de téléphone portable- : on venait de commettre un meurtre et tes services étaient précisés- sur la scène du crime.

Tu étais toujours aussi difficile à joindre, en dehors du travail et, cet air d'inquiétude qui s'affichait sur ton visage n'était autre qu'une grimace réprimée. Une fois hors de vue, ce semblant d’émotion qui tiraillait ta face s’évanouit : tu étais un bon comédien, même si tu n'étais pas quelqu'un d'expressif. Tu as prit ton temps pour dégainer une cigarette et l'allumer puisque le crime avait eu lieu non loin. Non loin, non loin... C'est surtout que toi, tu n'avais pas besoin de considérer les bouchons et les piétons, puisque tu n'y allais pas en voiture et tu ne traversais pas les avenues principales : tu évitais la foule, comme d'habitude, empruntant toujours les ruelles peu fréquentables.

C'était un bon raccourci, puisque tu n'avais pas eu le temps de finir ta clope avant d'arriver sur place.
Long manteau noir et blanc en cuir, bottes hautes, pantalon noir, chemise blanche, chapeau noir et mains gantelées... Ton apparence ne laissait guère deviner ton rang puisque tu ne portais pas ta blouse et tu semblais bien trop jeune pour être dans l'affaire. De ce fait, la police manqua de t'arrêter, t’empêchant de pénétrer dans le périmètre cordonné. Le sergent Petrovic, chargé de cette enquête, te connaissait puisqu'il t'avait déjà confié l'autopsie de plusieurs corps. D'un geste autoritaire et presque brusque, il interrompit les policiers, levant le cordon afin de te laisser passer.

Prescott, je suis navré de vous avoir appelé en dehors de votre service mais c'était important. L'autre légiste est coincé dans les bouchons, il tardera à nous rejoindre. J'aimerais que vous jetiez un coup d’œil à la victime... commença-t-il, passant un bras autour de tes épaules.

Quam déplacé pouvait être son geste, nom d'un chien...
Ton regard riva sur sa main puis sur son visage : tu savais que ce geste voulait dire plus de ce qu'il n'en avait l'air. Cet homme était de ton bord, il était marié mais envisageait le divorce depuis quelque temps. Tu le savais, tu avais parlé avec lui et tu lui avais subtilement soutiré des informations pendant qu'il était ivre. Il tenait mal l'alcool et tu n'avais guère manqué d'en profiter. Ceci dit, cet homme te répugnait. Il n'était pas moche, non, il n'était pas malade, non plus. Cependant, tu savais qu'il avait une agression et plusieurs tentatives de viol sur des mineurs. Ces informations étaient secrètes et tu avais été les piocher dans les archives de la police biélorusse. Il n'avait pas changé de nom mais il avait joué de ses contacts et de l'argent de sa famille afin d'étouffer les affaires.

Ce vieux schnock, comme tu le désignais, n'était qu'un gros porc caché sous l'apparence d'un policier « lambda ». Retenant une nouvelle grimace, tu l'as laissé te conduire jusqu'à l'endroit où gisait le corps. Un simple coup d’œil te suffit pour comprendre que tu n'avais encore jamais traité avec ce criminel et qu'il avait sans doute été dérangé. Pour toi, ce crime était incomplet et impersonnel : c'étaient des professionnels, sans nul doute, mais, pour toi, il n'y avait pas de quoi être fier. Tu trouvais le tir maladroit, puisque le trou de la balle était dévié. Selon toi, il avait été fait à distance, cette personne avait été distraite par un autre puisqu'il était difficile de viser entre les immeubles avec une arme d'un aussi gros calibre.

Imperturbable et silencieux, tu as observé la dépouille, laissant parler ton aîné - sans pour autant l'écouter. Voulant mettre une certaine distance entre le quinquagénaire et toi, tu as repoussé son bras, te libérant de son étreinte avant de t'accroupir. Tu n'avais pas besoin de toucher le corps pour ausculter le trou que la balle avait fait sur son crane. Personne n'avait rien entendu, en apparences, personne n'avait rien entendu. Pourtant, cette partie de la ville n'était pas bien bruyante... C'était une zone peu recommandable pour les passants et ceux qui osaient fouler cette partie de la ville, le faisaient en toute connaissance des causes : cet homme avait bien fait de crever.

Qu'en pensez-vous ? Nous pensons qu'il s'agit d'une affaire de drogue ou un vol à main armée, parce que nous n'avons trouvé que la cartouche usée. Il n'avait pas de carte d'identité, pas de portefeuilles ni d'objets de valeur. De plu--.. expliqua le policier avant que tu ne l'interrompes, tendant la main vers lui : tu voulais voir la cartouche, inutile de le préciser.

Je vous arrête tout de suite, sergent. Ce meurtre manque de charisme, la scène est commune et impersonnelle : ce sont des professionnels. Vous devriez vous concentrer un peu plus sur la victime, plutôt que sur ce qui l'entoure. répondais-tu en saisissant la pochette que ton aîné te tendait. Je ne suis pas policier, mais, pour n'être qu'une petite affaire de drogue ou un vol -comme vous dites-, l'assassin ne doit pas être très futé s'il se promène avec un fusil à mire infra-rouge de longue portée. Je doute que ça passe inaperçu, à Gotham. terminais-tu, lui rendant la pochette où se trouvait la cartouche.

Tu parlais toujours sèchement, mais poliment.
Tu t'es redressé, t’éloignant aussitôt du corps. Cet homme ne te connaissait pas assez pour comprendre que, tandis que ce meurtre te laissait indifférent, lui, il t'agaçait. Tu trouvais dispensable le fait de préciser qu'on avait payé une bonne somme pour achever cette cible. Le mot « professionnels » était suffisant pour le déduire. Idem, pour la mire à infra-rouge : il y avait un pitre éclairage. De ce fait, tu ne comptais certainement pas mâcher le travail à ce bon à rien de Petrovic : qu'il se démerde. S'il voulait chercher le tueur parmi les dealers du coin, qu'il le fasse. Cela ne te concernait en rien. Après tout, mener des enquêtes officielles n'était pas ton travail.


Dernière édition par Eliott K.Prescott/Absolem le Ven 6 Mar - 22:39, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Lorsque la paresse rencontre l'orgueil [Pv Bullock] En cours   Mer 25 Fév - 15:05


La paresse et l’orgueil.



 Bullock était déjà sur les lieux du crime. Il discutait vivement avec un policier qui était arrivé en premier dans la ruelle, quelques minutes avant que tout le cirque du GCPD ne débarque. Il voulait tout savoir. Avait-il vu quelque chose ? Entendu quelqu’un ? Il y avait-il des témoins dans la zone hormis ceux qui malgré eux, ont entendu le coup de feu ? On leur avait signalé le bruit suspect il y une a trentaine de minutes, il y avait des chances pour que le ou les criminels n’aient pas encore pris le premier avion disponible. Encore fallait-il savoir par où commencer l’enquête. Il nota tout avec grand soin, faisant déjà une rapide liste de ce que les policiers avaient pu trouver.

Le mort était Ramón García, 28 ans, relâché après une affaire sordide sur la mort d’une fillette. Bien entendu, il n’y avait pas assez de preuve. On était à Gotham. On n’avait jamais assez de preuve. C’était un dealer recherché par la police pour plusieurs affaires mais toutes les pistes qui le conduisaient à lui indiquaient qu’il avait disparu. Le crime ne datait visiblement pas de plusieurs jours et il était possible d’imaginer qu’il fuyait quelque chose et pas seulement les flics. Une balle dans la tête. Une mort rapide, nette. Celui ou celle qui l’avait descendu voulait vraiment sa mort mais qui voudrait tuer un petit dealer de seconde zone ? Les parents de la gamine avaient abandonné les poursuites et changés de pays aux dernières nouvelles. Il allait falloir les contacter pour s’assurer qu’il était toujours en Europe. Une affaire de drogue ? Il y avait des moyens bien plus simples pour récupérer de la came et s’il avait eu des ennuis avec la mafia, cela se serait vu. D’habitude, les cadavres étaient retrouvés dans un état plutôt « spectaculaire ». Un assassinat si violent que les autres étaient contraints au respect et surtout au silence. Ici, on ne visait que lui. Il tourna ses yeux vers le cadavre et vit le sergent Petrovic, visiblement très proche du jeune médecin légiste. Il plissa les yeux et se rapprocha, tandis qu’Eliott Precott se mettait à la tâche. Il s’approcha de la scène, pencha légèrement son chapeau pour saluer les deux individus et fit avec une légère moquerie :

- Salut les amoureux, alors, qu’est-ce qu’on a ?

Prescott s’éloigna alors, semblant ne pas avoir entendu. Le sergent Petrovic n’avait jamais été très malin. Il était du genre de ceux qui n’avaient plus rien à attendre du métier et qui laissait couler les choses. Bullock n’approuvait pas l’idée de le voir se charger de l’affaire et il comptait bien y mettre les doigts dedans.

- Le petit Eli a raison, Scott. C’était une petite frappe. Je connais mille manières de récupérer de la came, pour le prix d’un kilo d’orange. On est à Gotham mon gars, mais on évite de trop se faire remarquer. A moins de vouloir faire passer un message. Ici, ça n’a pas l’air d’être le cas. On dirait que ce cher Raggie à énerver quelqu’un pour la dernière fois.


Il ne connaissait pas bien Eliott Prescott. Il ne l’avait vu que peu de fois, cinq fois tout au plus. Il savait qu’il faisait du bon travail malgré sa jeunesse. Un professionnel, une arme à longue portée… Il se tourna vers les bâtiments.

- Et ce quelqu’un a dû verser un bon paquet de fric pour se débarrasser de notre ami Raggie mais, qu’est-ce qu’il a pu foutre pour se coller un sniper sur le dos, ça… Faut trouver d’où le tir est parti. Peut-être qu’il nous a laissé un petit souvenir là-bas qui pourrait nous conduire à lui. Une idée Prescott ? Cria-t-il à son adresse pour l’encourager à se rapprocher.
- C’est mon enquête Bullock !
- Scott, Scott.

Il passa une main autour de son épaule, de la même manière que Petrovic l’avait fait pour Eliott. Une manière comme une autre de lui dire de se calmer. Il était marié après tout et embêter un jeune médecin légiste n’était tout bonnement pas dans ses intérêts. Pour ce qui est de l'enquête, les parents de la fillette assassinée étaient au chômage et sans l'aide d'une assistance sociale et de la protection des témoins, j'avais ils n'auraient pu quitter le pays. Ils n'avaient pas l'argent pour ça.

- Tu te souviens de la fois où je t’ai couvert dans l’affaire Butor ?
- Ah non, tu ne vas pas remettre ça sur le tapis.
- Allez, laisse-moi vingt-quatre heures. Tu sais que je fais du bon boulot, sergent.

Il insista sur son titre, haussant les sourcils dans un air amical. Dans cette affaire-là, une preuve avait été volée alors qu’elle était sous sa responsabilité. Bullock l’avait protégé, le temps qu’elle soit retrouvée. C’était un jeune adolescent qui avait volé la montre de la victime, espérant pouvoir en toucher un bon prix. Sans le Bulldog, l’affaire n’aurait jamais pu être résolue. Petrovic poussa un gros soupir et Bullock leva les bras au ciel dans un geste exagéré.

- Hallelujah !

Un grondement féroce se fit alors entendre dans la pénombre. L’orage approchait, menaçant de faire disparaitre le peu de preuve qu’il avait. Tous les agents se précipitèrent pour créer des tentes autour de la scène de crime, alors que le vent grondait. Bullock invita Prescott à se rapprocher d’un geste de la main. Le criminel ne devait pas être loin, ils n’avaient pas de temps à perdre.

- Qu’est-ce que tu as à me dire alors, gamin ?
Fit-il avec son insolence habituelle. Le corps est couché sur le dos et on a une large trace de sang. Il n'a pas bougé tout seul, j’ai juste ?

 



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MessageSujet: Re: Lorsque la paresse rencontre l'orgueil [Pv Bullock] En cours   Dim 8 Mar - 0:14

Tes mots déclenchèrent plusieurs réactions parmi tes collègues.
Certains étaient indignés de se faire devancer par un simple légiste, d'autres avaient été inspirés par tes propos et commencèrent à ausculter le corps et les circonstances du tir comme tu l'avais mentionné. Ta froideur et ton arrogance ne surprenaient plus tes supérieurs lorsque vous étiez sur une scène de crime, du moins, ceux qui avaient l’honneur de te fréquenter au quotidien. Tu avais beau être discret dans la morgue et savoir te faire oublier, plus d'un de tes collègues t'en voulait et/ou te détestait. Tu étais quelqu'un de sombre, de mystérieux et ils avaient beau faire des recherches sur toi, ils ne trouvaient jamais rien – qu'on puisse utiliser contre toi, du moins. Tu savais mener les gens par le bout du nez, ne mettant à leur portée que les informations que tu voulais qu'on connaisse en cas de pépin.

Les sourcils froncés, comme à ton habitude, tu t'es éloigné de tes collègues alors qu'un de tes aînés et supérieurs s'était approché : l'inspecteur Harvey Bullock, le bulldog de la GCPD, l'un des types qui devait mieux te comprendre à l'heure des repas et/ou des pauses – selon le peu que tu avais pu voir les rares fois que tu l'as croisé. Il vous avait adressé une question – un brin moqueuse - à laquelle tu n'avais pas vraiment accordé de l'importance puisque tu ne t'en sentis pas concerné. Silencieusement, tu t'es adossé contre un mur, observant les lieux ; tu repensais à la victime, calculant la trajectoire de la balle tout en cherchant du regard l'endroit duquel on avait pu tirer : c'était qu'un rat ayant trahi son employeur, selon toi. Tuer un petit dealer avec un sniper n'était pas quelque chose qu'on faisait. Non, payer pour une telle exécution serait stupide. Ce type avait essayé de tromper quelqu'un ou avait des magouilles – la mafia, sans nul doute. Ce ne serait pas nouveau... Sans compter que, si tes souvenirs étaient bons, la victime était Ramón García, un hispano-américain de 28 ans, ayant été relâché par la police suite à un procès non concluant dû au manque de preuves : il avait tué une petite fille et on le pensait disparu depuis sa libération.

Le corps était encore trop chaud, selon toi, même si tu ne l'avais pas touché. Approcher ta main avait suffit puisque tu étais habitué à cela : tu étais comme un chasseur, un prédateur qui, malgré les apparences, n'était pas aussi farouche qu'on le pensait. Si on considère que le corps perd un degré Celsius toutes les heures, une fois que le cœur s'est arrêté, cela devait faire une demi-heure, au plus, qu'il avait été tué. L'assassin avait tout juste eu le temps de quitter son perchoir et encore, il devait encore être quelque part espérant à ce qu'on ne remarque pas ses erreurs.

Le petit Eli a raison, Scott. C’était une petite frappe. Je connais mille manières de récupérer de la came, pour le prix d’un kilo d’oranges. On est à Gotham mon gars, mais on évite de trop se faire remarquer. A moins de vouloir faire passer un message. Ici, ça n’a pas l’air d’être le cas. On dirait que ce cher Raggie a énervé quelqu’un pour la dernière fois. fit l'inspecteur à l'entente du sergent avant de se tourner vers les bâtiments. Tu l'entendais vaguement parler, mais tu étais plus occupé à détailler les tâches de sang qui ornaient cette ruelle peu piteusement éclairée. Et ce quelqu’un a dû verser un bon paquet de fric pour se débarrasser de notre ami Raggie mais, qu’est-ce qu’il a pu foutre pour se coller un sniper sur le dos, ça… Faut trouver d’où le tir est parti. Peut-être qu’il nous a laissé un petit souvenir là-bas qui pourrait nous conduire à lui. Une idée, Prescott ?

Bullock haussa le ton, t'incitant à t'approcher, tu l'as regardé pendant quelques instants sans pour autant bouger. Une légère brise s'engouffra entre les bâtiments, balayant ces sombres ruelles où vous étiez. L'air avait une subtile odeur de terre humide, annonçant la pluie. Mine de rien, tu as écrasé ton mégot contre le mur avant de le ranger dans une de tes poches : tu refusais de laisser une quelconque trace d'ADN dans les rues de Gotham. Dieu sait ce qu'on pourrait faire avec ! Ceci dit, ce geste -aux frontières de la paranoïa- semblait tout à fait normal face au grand public : tu avais l'air d'une personne propre et bien élevée. Maintenant, tu n'avais plus qu'à attendre à ce que l'autre légiste arrive. Tu avais bien laissé clair que tu ne comptais pas bouger d'avantage : ces heures extra n'étaient pas déclarées et tu n'allais pas être payé pour. Tu refusais qu'une ordure telle que Petrovic reçoit tes mérites ; ce n'est qu'un vieux con qui attend impatiemment la retraite afin d'être payé pour rien foutre. Tch. De toutes façons, il ne fout rien, en temps normal... Néanmoins, rien ne t’empêchait de parler avec l'inspecteur puisque c'était une des rares personnes que tu respectais réellement.

Difficilement, tu cachais le dégoût que tes « semblables » t'inspiraient ; tu entendais le sergent râler face aux dires de son collègue – tandis que ce dernier passait un bras autour de ses épaules comme il t'avait fait à toi, tantôt. L'Être humain ne valait, vaut ni vaudra jamais grande chose, selon toi. Il est toujours destiné à répéter les mêmes erreurs, c'est une race qui, sous prétexte d'être mortelle et d'être douée de Raison, accepte et acclame sa maladresse. ET NON. Ce n'est pas parce que l'on est humain qu'on a droit à l'erreur. C'est une pensée pour les faibles. Tout le monde commet des erreurs, certes, mais toi, tu faisais tout pour échapper à cette maxime. Jusqu'à présent, ça a marché. Ton secret ? Ne pas te laisser dominer par tes émotions et prendre toujours le temps de réfléchir, de machiner contre tout ce qui pourrait éventuellement te nuire.

Bullock négocia afin d'avoir un petit délai pour s'occuper de l'affaire – après lequel, elle reviendrait au sergent Petrovic, qui était en charge de ce dossier. De loin, tu le vis hausser les sourcils, prenant un petit air amical. Le sergent poussa un long soupir avant que le bulldog ne leve les bras au ciel – d'une façon aussi exagérée que théâtrale, selon toi- s'exclamant un « Hallelujah ! ». À ce moment même, un tonnerre éclata, annonçant l'orage. Les premières gouttes tièdes et épaisses ne tarderaient point à s'écraser sur la ville, tentant vainement d'emporter la pollution et les preuves du crime avec elles. Là où tu t'étais adossé, tu serais abrité de la pluie et tu as pu allumer une nouvelle clope. Tu as levé les yeux au ciel, prenant une profonde inspiration afin que la fumée cale bien dans tes poumons. Tu bousillais ton corps, et alors ? Tu faisais ce que tu voulais, ça te soulageait et tu ne faisais de mal à personne – précisément. Tu avais des plans pour la soirée, tu ne tenais pas à rester toute la nuit parmi ces incompétents hypocrites. Avec une certaine nonchalance, tu t'es décollé du mur lorsque l'inspecteur Bullock te fit signe pour que tu t'approches – chose que tu fis dès que Petrovic s'est éloigné pour superviser le reste de son équipe.

Qu’est-ce que tu as à me dire alors, gamin ? te demanda-t-il, aussi insolemment que d'habitude. Tu appréciais sa façon d'être et, sûrement, c'était parce qu'il te ressemblait sur certains points. Le corps est couché sur le dos et on a une large trace de sang. Il n'a pas bougé tout seul, j’ai juste ?

En effet. Si vous regardez la disposition des taches, vous pourrez remarquer qu'il y a un angle d'environ 40° ou 45°, la victime a été déplacée par quelqu'un peu après qu'elle ait été abattue parce que le sang est aussi frais des deux côtés. Ainsi, on peut supposer que le tir venait du haut d'un des bâtiments se trouvant juste à l'entrée de la ruelle et, si vous comptez le temps que l'on pourrait tarder à descendre un de ses immeubles, on peut rapidement deviner que le sniper n'était pas seul. Il avait un complice, quelqu'un qui a non seulement manipulé la scène du crime mais, en plus, il aurait attiré et distrait la victime jusqu'à ce qu'on lui a tiré dessus. expliquais-tu sérieusement et calmement, désignant les taches de sang, le corps puis l'immeuble d'où tu pensais qu'on avait éventuellement abattu Raggie. Tu as marqué une courte pause, plongeant ton regard dans celui de ton aîné avant de poursuivre : Le complice a fait un travail relativement foireux : il a dû être dérangé par l'arrivée de la police – qui a été plutôt rapide, par rapport à d'habitude. Soit Raggie le connaissait, soit on l'avait menacé, soit il pensait avoir affaire à un client ; mais, la raison la plus plausible pour qu'il se soit trouvé sur la ligne de mire c'est le simple fait qu'il connaisse le complice de son assassin.

Heureusement pour toi, tu n'avais plus besoin d'attendre l'arrivée du légiste de service puisque tu allais aider cet homme à poursuivre l'enquête. Il aurait un plus, pour la connaissance du terrain, en tout cas ; tu connaissais très bien cette zone, tu y traînais souvent pour chercher des nouvelles pièces pour tes œuvres d'Art. Ah... L'homme qui t'avait fait la fausse paperasse habitait dans le coin. Un vrai professionnel, mais il n'était pas digne de confiance, c'est pourquoi tu avais décidé de l'éliminer. Tu avais empaillé ce type après l'avoir vivisectionné dans l'un de ces immeubles qui te surplombaient. Cela faisait plus de cinq ans... Quel bon souvenir, n'est-ce pas ?
HRP:
 


Dernière édition par Eliott K.Prescott/Absolem le Dim 26 Avr - 19:44, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Lorsque la paresse rencontre l'orgueil [Pv Bullock] En cours   Lun 16 Mar - 23:27


La paresse et l’orgueil.



 Bullock l’écoutait avec soin. Il trouvait le jeune homme très intelligent et il appréciait assez de déjeuner avec lui, même si cela se faisait rarement. Ils n’étaient pas amis et ils ne connaissaient rien l’un de l’autre mais ils se supportaient et c’était déjà beaucoup. Bullock était un vrai chien. Il grognait, mangeait, courait partout et grognait encore. C’était ça qui lui avait valu son surnom de Bulldog, en outre le fait d’avoir mordu un de ses suspects lors d’une confrontation. Son amitié si forte avec le commissaire Gordon relevait déjà de l’exploit. Il ne fallait pas trop en demander non plus. Le jeune médecin légiste lui confirma donc un ou plusieurs complices. Raggie ne devait vraiment pas être aimé pour que quelqu’un paye plusieurs personnes pour mettre fin à ses jours et que personne ne soit au courant. Pas de chance pour lui, ils avaient été trop lents. Bullock observa le bâtiment, plissant doucement les yeux. Le bâtiment n’avait pas l’air neuf, voir même abandonner et il était certain de ne croiser que quelques sans-abris là-dedans. Peut-être justement que cela lui ferait quelques témoins supplémentaires ? Il devait se rendre là-bas, c’était une certitude. Il rajusta son chapeau qui commençait à avoir une triste mine avec l’humidité de la météo, pendouillant doucement sur sa tête. Raggie avait donc vu quelqu’un avant de mourir. Un « collègue  de travail », un client, un ami peut-être. Trahi par un proche, cela devait être incroyablement horrible comme mort. Il avait eu confiance, il a eu tort.

- C’est clair que pour une fois, je ne cracherais pas sur le dos de mes collègues. On a été rapide. Enfin, il esquissa un geste vers le cadavre étendu à ses pieds. Pas assez pour lui mais bon. C’est ça de jouer au con à Gotham. Elle vous dévore toujours.

Ils s’observèrent un instant comme si chacun deux savait que la vie fonctionnait ainsi. Que c’était ça que Gotham et le monde tournaient. On te regarde dans les yeux, on te sourit peut-être et puis la vie vous baise.

- On va les trouver rapidement, cow boy. Il claqua sa langue. Tu viens avec moi. On a vingt-quatre heures. Prend tes affaires et bouge tes miches avec moi là-haut. Faut qu’on voie ce que le sniper nous a laissé. Peut-être que tu pourras relever un peu d’ADN ou je ne sais pas quoi de tête d’ampoule. Raggie ne bougera pas de toute façon.

Il sourit et prit la direction du bâtiment, attrapant deux policiers par le col aux passages pour s’assurer de la bonne conduite des évènements. Eliott était libre de le suivre ou de le rejoindre plus tard. Il fallait faire vite dans tous les cas, la pluie menaçait d’effacer les preuves. Bullock eut quelques difficultés à monter tous ses escaliers et bien évidemment ses jeunes collègues arrivèrent sur les lieux. Bullock eut alors le temps de découvrir le témoin qu’il espérait tant. Cependant, il était déjà froid. Les taches de sang sur les murs l’avaient intrigué, mélangé au tag, il avait manqué de les rater. Visiblement, il y avait eu lutte. Il pénétra dans la pièce la plus proche et découvrit le corps d’une jeune femme, le visage en sang et la nuque brisée. Elle ne devait pas avoir vingt-cinq ans. Une sans-abri à en juger de sa tenue et du lieu où elle se trouvait. Il n'était pas rare de voir des femmes de son âge dans la rue. La plupart faisait le trottoir pour survivre. Le taux de chômage avait encore battu des records, les prix du logement aussi. Il soupira. La vie a Gotham était vraiment triste parfois. Il se secoua la tête, tentant de retrouver un esprit plus professionnel. Peut-être avait-elle tenté de lui arracher son arme ? Il y avait des chances pour qu’elle ait son ADN quelque part sur elle. Il n’avait surement pas eu le temps de nettoyer son corps. Le brun se pencha vers elle un instant et soupira.

- Bonne nuit miss.

Il posa de quoi indiquer aux autres inspecteurs et à Eliott Prescott qu’un autre cadavre se trouvait là et finit par rejoindre ses jeunes collègues, le souffle court. Le plus fougueux s’approchait déjà de lui.

- Il n’y a rien monsieur.
- Comment ça ? Aboya-t-il entre deux respirations, se tenant au mur un instant.
- Il n’est pas là… Le tueur… Fit-il comme si Bullock était idiot.
- Non, sans blague ! Tu croyais quoi ! Qu’il allait nous attendre pour nous proposer un café ?! Arrête de faire le con et cherche de quoi nous conduire à lui. Tu crois que tu auras tout sur un plateau ? Change de job ! Tu as raté la SDF en tout cas, alors ne me dit pas qu’il n’y a rien.

Le jeune homme ne prononça plus un mot, baissa la tête et fonça inspecter le toit. Bullock, nullement gêné de son agressivité qu’il jugeait nécessaire regarda à son tour. Il rajusta sa veste alors que le vent soufflait plus fort, mais cela ne l’empêchait pas de grimper sur le rebord pour mieux observer. Il se tient à une vieille cheminée d’une main, tenant son chapeau de l’autre. Il faisait de plus en plus sombre et il prit de longues minutes pour détailler chacune des ruelles autour de la zone.

- Bordel, je vois rien, grommela-t-il entre ses dents.

Sa vue avait baissé depuis qu’il avait atteint la quarantaine mais il avait encore du mal à porter sa paire de lunette. Il se sentait vieux avec et il n’aimait pas ça. Il était le bulldog. Il n’était pas un papy. Il finit par sortir la paire planquée au fond de sa veste après une lutte intérieur, non sans agacement. Une paire très classique, rectangulaire et noire. Il vit alors ce qu’il craignait de voir.

- Merde, je crois qu’on en est à trois cadavres les gars.

Évidemment, c’était un professionnel. Il ne prenait pas le risque de laisser qui que ce soit le voir. Il imaginait sans mal le pauvre homme regardé en sa direction, surpris un instant puis finir sa vie sur le trottoir. Il fallait qu’il trouve cet enfoiré au plus vite. Il était malin, il ne resterait surement pas à Gotham très longtemps. Du moins, c’est ce que lui ferait s’il était à sa place. Ferait-il la même chose ? Il oublia pendant un instant le jeune médecin qu’il avait demandé sur le toit, très concentré sur la situation pour tenir la conversation. Il finit par se redresser pour le regarder.

- Hn ?





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Médecin légiste pour la GCPD et médecin spécialisé dans les troubles cardio-respiratoires et la dégénérescence musculaire.
Leit motive :
Purger le monde

MessageSujet: Re: Lorsque la paresse rencontre l'orgueil [Pv Bullock] En cours   Dim 26 Avr - 21:50

Pour une fois, ton interlocuteur n'allait pas cracher sur vos collègues. En effet, vous jugiez qu'ils étaient aussi lents qu'inutiles, d'habitude – surtout toi, qui voyais ce qui se passait sur place et dans les coulisses. Bon nombre des policiers et des membres de la GCPD avaient basculé dans le mauvais côté de ce qu'on appelle La Justice, actuellement ; la corruption avait eu le dessus sur eux. Silencieusement, tu as écouté ton aîné, hochant la tête lorsqu'on te demanda de venir inspecter le bâtiment. Cependant, tu te devais de jeter un coup d’œil aux ruelles avant. Tu savais qu'il y avait un trou dans l'une d'entre-elles et que le complice du meurtre était éventuellement sorti par là, puisqu'il n'y avait pas d'autres endroits pour contourner les bâtiments, d'autant plus si la police bloquait l'entrée principale. Par ailleurs, tu allais profiter pour glisser tes mains magiques dans les poches de tes collègues pour récupérer les sachets des échantillons que tu avais prélevé sur le corps – on ne sait jamais, tout peut se perdre et/ou être détruit en chemin, lorsqu'il s'agissait d'une affaire de ce genre.

Tu fus relativement rapide car tu savais ce que tu allais trouver et où : en effet, le conteneur qui couvrait le trou d'une des impasses avait été décalé et, puisque le fuyard était pressé, il n'avait même pas pris la peine de le remettre à sa place. Suite à cela, tu es allé au bâtiment où tu étais sensé rejoindre ton supérieur. Tu avais inspecté et fouillé tout ce qui était susceptible de te donner des indices sur ce qui s'était passé après le meurtre, qui était l'assassin et où est-ce qu'il aurait pu éventuellement aller. Tu analysais et prélevais des échantillons là où personne aurait songé à le faire afin de ne rien louper. Le meurtrier allait être ta prochaine victime, même si tu ne le connaissais pas – pour l'instant –, tu allais apprendre à le faire, tu allais à l'étudier et le pister avant de le transformer en une de tes nouvelles créations avant que la police ou le tribunal n'aient pu décider s'il allait être envoyer à Blackgate ou à Arkham.

Plus haut tu étais monté dans le bâtiment plus de sang tu avais trouvé, parmi la poussière et la crasse. Dans un des derniers étages, ton collègue avait signalé une pièce où gisait une jeune femme d'origine européen – une roumaine, si tu te fiais aux apparences – dans la vingtaine. Visiblement, elle était débattue pour se protéger de quelqu'un et, vue la façon dont on lui avait brisé la nuque et elle devait avoir eu affaire à un homme plus grand et fort qu'elle : l'assassin, indéniablement. Tu as balayé la pièce du regard tandis que tu prélevais quelques échantillons, notamment sous les ongles, le cou et les vêtements. Elle pouvait avoir des traces de l'ADN de cette ordure sur elle. Le frémissement des cartons se trouvant au fond de la salle attira ton attention : il y avait quelqu'un d'autre, sur place et cet individu se cachait. Cela aurait pu être un animal, selon tes collègues mais, si ça avait été un chien ou autres, en faisait du bruit, il aurait déguerpi. Néanmoins, cette pauvre chose cherchait à se faire oublier, s'enfonçant davantage dans sa planque.

Silencieusement, tu t'es approché desdits cartons et tu t'es accroupi devant, soulevant un peu le tissus qui cachait l'entrée de la cachette : à l'intérieur, il y avait un petit enfant qui tremblait. En t'apercevant, il se crispa, fermant fortement les yeux avant de boucher ses oreilles, pensant qu'il allait encore recevoir un quelconque mauvais traitement ou, pire, finir comme sa jeune femme... Il avait les mêmes yeux verts que la victime et les mêmes lèvres. Tu pensais qu'il aurait pu être son petit frère mais, plus tu le regardais plus tu te disais que ce n'était pas le cas, qu'il y avait autre chose : c'était son fils. Il l'appela plusieurs fois, sachant parfaitement qu'elle n'allait plus pouvoir se lever, qu'elle n'était pas en mesure de venir à son aide ni même de le rassurer. Un soupir t'échappa avant que tu ne fouilles dans tes poches, sortant une barre chocolatée avec des céréales et tu la lui as tendue. Il la regarda puis te regarda quelques instants, sanglotant. Ce pauvre gosse n'arrivait pas à arrêter de trembler mais il prit la friandise, la gardant précieusement contre lui.

Tu as vu ce qui s'est passé, n'est-ce pas ? soufflais-tu à l'enfant en roumain ; c'était rare que tu communiques dans cette langue. C'est quoi ton nom, petit ?

Ta tante, la mère de ta cousine Amerlyllian s'était mariée avec un roumain et t'avait appris un peu la langue, tu savais plus ou moins te débrouiller, à l'oral et tu comprenais tout ce qu'on te disait – même si ton accent était pas terrible. Ceci dit, ta voix était plutôt douce, malgré la froideur apparente de ton visage. Tu n'aimais pas les enfants et mais, il n'était pas rare qu'ils t'apprécient, eux. L'enfant te répondit d'un hochement de tête, hésitant avant de te dire qu'il s'appelait Mihail. Il était plutôt timide mais, malgré sa confusion, il avait su te décrire plus ou moins ce qui s'était passé et le visage de l'assassin : un homme grand, cheveux courts, avec des lunettes de soleil, mal rasé et habillé en civil. Il portait un couvre-nez que sa mère lui avait arraché en essayant de le repousser. Il s'était caché quand il l'avait aperçu, puisque sa mère le lui avait demandé.

C'est un beau prénom. Alors, Mihail, viens : je vais t'amener en lieu sur. Un ami qui est dans ce bâtiment s'occupera de celui qui a fait ça à ta mère. ajoutais-tu, faisant signe au petit qui, commençant à se sentir en confiance, s'approcha.

Mihail ne savait pas ouvrir l'enveloppe plastique de la barre chocolatée, alors tu la lui as ouvert, le portant dans tes bras pendant le trajet jusqu'au toit. En chemin, tu avais profité pour lui poser d'autres questions afin de savoir plus sur sa situation et celle de sa mère : apparemment, ils vivaient seuls et la victime s'appelait Viorica Moldavan et était ici depuis plusieurs années. L'enfant était né dans une autre ville et il avait voyagé avec sa mère jusqu'ici parce qu'on lui avait fait une offre de travail – qui s'avéra être bidon : ils voulaient que Viorica se prostitue mais, elle fut mise à la rue après qu'elle ait tombé enceinte de Mihail et ait gardé l'enfant. Il n'en savait pas plus, puisque sa mère ne lui parlait pas vraiment d'elle, juste de son pays. Ce furent les autres SDF qui lui racontèrent que sa génitrice était une catin et qui l'insultaient souvent. Sa mère ne s'entendait pas avec eux puisqu'elle avait toujours des principes et une certaine dignité qu'ils avaient perdu en vivant dans la rue.

Ce gosse avait vécu dans la misère et risquait de finir dans un orphelinat de Gotham. Ce n'était pas mieux qu'être un sans abri... Tu n'avais pas vraiment de temps à accorder à un mioche mais tu allais t'occuper de lui en attendant d'avoir chopé l'assassin. Une fois sur le toit, tu as posé l'enfant, le laissant se cacher sous ton manteau. Il avait peur de la police puisqu'ils avaient essayé de le jarter du bâtiment – lui et sa mère. Les autres deux policiers pensaient que tu n'allais pas revenir aussi vite.

Merde, je crois qu’on en est à trois cadavres, les gars. entendis-tu, t'approchant aussitôt de l'emplacement où se trouvait ton aîné : malheureusement, le tireur avait éliminé un autre témoin avant de partir et ce dernier gisait sur le trottoir, non loin de la scène du crime. L'inspecteur Bullock finit par se redresser, réalisant que tu étais de retour. Hn ?

J'ai trouvé des brins d'un quelconque tissu synthétique sous les ongles de la victime. Mais ce n'est pas tout : quelqu'un a vu l’assassin et a échappé à son regard. lançais-tu, aussi calmement que d'habitude.

Le ton que tu avais employé avec l'inspecteur était différent de celui que tu avais utilisé avec le petit roumain ; la douceur s'était évanouie, se transformant en sérieux. Doucement, tu as levé un peu ton manteau, dévoilant le gosse à ton aîné : le petit s'était blotti contre toi, s'accrochant à ton pantalon tout en observant le bulldog de la GCPD avec méfiance.

Il s'appelle Mihail et il a sept ans. Viorica Moldavan, la seconde victime, est sa mère. terminais-tu, cajolant de nouveau l'enfant, afin qu'il ne marche plus pieds-nus – il risquait d'attraper froid.
HRP:
 


Dernière édition par Eliott K.Prescott/Absolem le Jeu 4 Juin - 15:31, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Lorsque la paresse rencontre l'orgueil [Pv Bullock] En cours   Mar 19 Mai - 21:46


La paresse et l’orgueil.



 Le quarantenaire ouvrit doucement la bouche et laissa s’échapper un juron face à la surprise que lui avait réservé son collègue. Il avait face à lui le fils d’une des victimes et ce pauvre gosse avait tout vu. On oubliait souvent que les premières victimes de la violence de Gotham étaient les enfants. Ils perdaient tous leurs proches, ou ne les avaient jamais connus. La ville leur prenait tout. La mafia leur arrachait tout. Il n’était pas étonnant de voir des mineurs trainer dans les ruelles pour mendier et voler. C’était toujours mieux qu’un de ces orphelinats pourris ou on les entassait comme des animaux sans espoir de liberté jusqu’à leur majorité. Oui, les orphelinats étaient la preuve de toute l’horreur qui pesait sur les épaules des plus jeunes. Parfois, on devait même les envoyer dans d’autre ville car on ne pouvait pas leur trouver une place dans un des établissements de Gotham. C’était navrant.

- A mon regard aussi on dirait bien.

Bullock observa l’enfant avec un œil critique tout en ayant le sentiment que l’enquête évoluait dans la bonne direction. Le temps d’avance qu’ils avaient eu sur le tueur les aidait énormément. Il pouvait ainsi récupérer sans problème des indices sur la scène de crime. Il n’avait pas pu les effacer malgré qu’il ait commencé par l’essentiel, c’est-à-dire faire taire les témoins. Le petit garçon serait très certainement le point clef de leur enquête mais cela signifiait aussi que si l’auteur du crime venait à être au courant de son existence, il allait courir un grave danger. Les priorités changeaient désormais. Il fallait le conduire au poste et veiller à ce qu’il donne la description de l’assassin le plus vite possible. Cependant, derrière le professionnalisme de l’inspecteur se cachait un profond sentiment de culpabilité. Il n’avait pas vu l’enfant. Il avait pénétré la pièce, vu le corps de la sans-abri mais il n’avait pas vu le petit Mihail dans l’ombre. C’était son job de voir ce genre de choses ! Il descendit du rebord sans un mot et lâcha un vague « bon travail » à l’adresse de Prescott. Il s’accroupit doucement face au môme. Il n’avait jamais été délicat avec les enfants, car il ne l’était jamais avec qui que ce soit. C’était un ours, une brute, un maladroit.

- Salut petit. Je suis l’inspecteur Bullock, ou Harvey si tu préfères et je vais... Je vais trouver qui a fait ça à ta maman, mais il faut que tu m’aides, ok ?

Mihail enfonça son nez contre la cuisse du médecin légiste mais continuait à regarder du coin de l’œil le bulldog. Ce dernier essaya un sourire rassurant puis finalement abandonna. L’enfant ne le comprenait pas et il était encore trop choqué pour tenter le dialogue. Bullock vit l’emballage dans sa main et sortit de sa propre poche ce qu’il avait : un briquet, une carte d’une certaine Svetlana, et quelques vieux chewing-gum. Il les lui tendit tout en ébouriffant ses cheveux. Il se releva et ordonna aux jeunes flics de continuer à inspecter la zone pendant qu’ils se dirigeaient eux vers la sortie pour dessiner le portrait. Le petit garçon posa quelques questions dans sa langue auprès de son protecteur. Notre protagoniste continua son chemin, la boule au cœur. Il ne pouvait pas en vouloir à Eliott, au contraire même, mais il aurait tellement voulu être plus vigilant. Peut-être qu’il se faisait vieux.

Harvey avait roulé vite sur toute la route et il aspirait la fumée plus qu’il ne fumait réellement son cigare. Il semblait de plus en plus préoccupé et Eliott était peu bavard, ce qui l’arrangeait au final. Il n’avait aucune envie de répondre à la moindre question, ou de parler par politesse. Il avait besoin de réfléchir. C’était bien une chose qu’ils avaient en commun avec la chauve-souris en collant. Quoi que, on pouvait parfois se demander si cet abruti avait une langue. Le petit témoin restait collé contre le médecin et il posait quelque question tandis qu’ils entraient dans le bâtiment. Son collègue ne semblait pas avoir trop de mal pour le comprendre et c’était à leur avantage.

- Prescott, je sais que ce n’est pas ton job mais je n’ai pas le temps de faire venir un traducteur. Dépose les échantillons et fait ça pour moi. Promis, je te paye ton prochain café.

Une fois ceci dit, le bulldog s’échappa pour rejoindre les autres inspecteurs. Ils dressèrent un tableau des indices retrouvés et des différentes théories qu’ils avaient en tête en attendant qu’un visage puisse être clairement mis sur le tireur. Cela dura environ une heure jusqu’à ce qu’une porte explose. Il eut un cri et des protestations et l’inspecteur Bullock ressortit, non sans écraser la main de son collègue étendu sur le carrelage, le nez déjà en sang.

- Putain l’enfoiré… Gémit sa victime.

Il se stoppa alors et toute la tension qu’il avait accumulée explosa une nouvelle fois mais on le stoppa alors qu’il se ruait déjà sur l’homme au sol.

- Ce gosse est notre seul témoin, bâtard ! Cet enfoiré a buté trois victimes, dont sa mère donc tu fermes ta gueule. On va mettre ce putain de portrait dans toute la ville et on va le protéger jusqu’au procès. Je t’entends encore une fois l’ouvrir et je te…
- C’est bon Bullock, c’est bon. Il a dit ce qu’il pensait. Maintenant tu te calmes ou je te reprends l’affaire, fit le sergent Petrovic, implacable.

Grincheux le repoussa d’un geste de l’épaule, prêt à mordre. Il en avait trop entendu. Comme si la mort d’un dealer, d’une sans-abri et d’un vieil homme n’était que broutille. Presque du nettoyage et que cette affaire n’était pas si importante que ça par conséquent. Cet enfoiré avait même osé sous-entendre que le gosse cherchait juste à les embobiner et que si ça se trouve, la mort de la jeune femme n’avait rien avoir avec l’affaire. Afficher donc un portrait peu fiable était selon ses mots « ridicule ». Le mot « immigré » avait été prononcé, sans aucune once de réserve. « Il a sept ans, bordel ! », avait aboyé le quarantenaire avant de lui coller son poing dans la tronche. Il était certain que si Gordon avait été là, il n’aurait pas approuvé. Ni ses paroles, ni le geste de son partenaire. Bullock rajusta sa cravate tout en gardant un regard vers son supérieur. Ses pupilles se reposèrent un instant sur l’autre inspecteur qui se relevait, le nez pincé pour éviter l’écoulement. Il esquissa un rictus puis s’échappa à grandes enjambés. Cela prenait l’allure d’une fuite. Il avait sérieusement besoin de boire quelque chose. Ses pensées se dirigèrent vers la flasque dans sa poche. Ses doigts se tendirent un instant, remontèrent le long de sa veste, se glissèrent contre le tissu qui cachait le contenant en métal. Il l’ignora, glissant ses doigts contre ses lèvres puis tout à coup, siffla, arrachant à leur état de somnolence la plupart des individus dans la pièce. Ses yeux se posèrent sur Prescott qu’il avait retrouvé en revenant sur ses pas.

- C’est toujours ok pour ce café ?







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