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 Arkham by night [Edward Nygma]

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MessageSujet: Arkham by night [Edward Nygma]   Lun 16 Fév - 22:58

Des trombes d'eau tombaient sur la ville.

À Gotham City, la pluie ne s'abattait depuis les cieux qu'en gouttes écrasantes, imposantes, déterminées à mouiller un maximum de surface, et à clapoter bruyamment sur les toits exposés. De nuit, les nuages gris semblaient noirs comme le plomb, un gris extrêmement foncé masquant les étoiles (les avaient-on seulement déjà vues briller au-dessus de Gotham ? Jaina en doutait sérieusement), une masse cotonneuse et spongieuse qui se vidait du trop-plein d'humidité accumulé. Plus morose que jamais, la cité du chevalier noir affichait une mine cendrée, presque flasque à force de s'imbiber d'eau par au-dessus et de tremper dans les flaques par dessous. Les bouches d'égouts régurgitaient en hoquetant laborieusement de gros jets d'un liquide sale et grumeleux, les façades des buildings transpiraient d'une suée froide pressée de rejoindre les piétons, et partout, tels des spectres aux yeux jaunes, les véhicules gothamites fendaient le rideau aqueux au ralenti pour rejoindre la sécurité d'un logis.


« Quel spectacle déprimant ! » Soupira la jolie brune, ses yeux verts perdus dans la contemplation désenchantée d'une mousson occidentale qui, en Inde, n'aurait découragé personne à sortir se balader sous la pluie.

Tout comme les autres convives, Jaina Hudson frissonnait, dans sa tenue de soirée lavande, des boucles d'oreille prune captant l'éclat chaud de les nombreuses lampes murales de la salle où se tenait la réception. Sa flûte (du cristal, au dire de l'hôtesse) s'éternisait au même niveau de Champagne depuis dix bonnes minutes, pétillant ses dernières bulles avec regret. La rumeur des conversations sérieuses bourdonnait, aux oreilles de la fille de diplomate, qui profitait d'un moment de solitude pour laisser ses pensées divaguer loin d'elle, en direction d'un  certain manoir monolithique profilant sa vilaine figure aux bords de la Gotham River. Personnification charmante du remord, la séduisante célibataire se mordilla la lèvre inférieur (éprouvant au passage la bonne tenue de son maquillage), et ondula doucement des épaules, ses sourcils arqués en pointes descendantes.


* Être là-bas, dehors, par ce temps... La pauvre doit être affreusement trempée. J'espère qu'elle courra assez vite pour se mettre rapidement à l'abri, au sec ! *


Dans le sol boueux et inégal bordant la propriété de l'asile, les semelles à hauts talons des bottes de White Rabbit produisaient une mélodie saccadée, rythmique sans être sèche. En plein sprint, avec une tenue blanche moulante et rien pour se prémunir des éclaboussures, la figure nébuleuse aux oreilles douces défiait depuis sa sortie au grand air les lois de la physique en exhibant un corps parfaitement sec, et vierge de la plus petite tâche (une autre des propriétés des gants, plus esthétique que véritablement utile). Souriante et radieuse, comme toujours lorsqu'on la laissait cavaler en liberté à grandes enjambées, la femme aux cheveux blancs avalait la distance la séparant de son objectif immobile avec assurance, sans sembler se préoccuper de la noirceur dans laquelle elle évoluait sans la moindre source de lumière. À l'intérieur de son crâne coiffé d'un serre-tête résonnait la litanie improvisée d'une comptine chantonnée avec bienveillance par sa créatrice.

* ♪ Gotham, Gotham ♫
♫ Deux fois, je suis venue. ♫
♪ De loin, tu m’aperçus ; ♪
♪ Déjà, tu me condamnes... ♫
*

Il en fallait, des efforts pour que la police locale se mette à vous poursuivre ! Heureusement, au cours des dernières semaines, White Rabbit n'avait pas ménagé ses effets, chapardant (temporairement, bien sûr) l'arme de service d'un lieutenant par-ci, chatouillant jusqu'à l'excès les côtes d'une policière par-là, toujours dans le même but : pousser des camarades de jeu improvisés à essayer de l'attraper, pour qu'elle puisse les ridiculiser encore, et encore. Hélas, contrairement à ce qu'elle pensait, la jolie apparition gantée de blanc ne trouva pas chez le GCPD un adversaire particulièrement plus tenace que la police de Bombay. Pire, ce dernier la catégorisa bientôt dans la branche des criminelles "de seconde priorité". De quoi fâcher la coquette, autrefois abonnée au podium des dangers publics. Les tabloïds, cependant, ne tardèrent pas à lui rappeler ce qu'il fallait faire, à Gotham, pour trouver chaussure à son pied (en l’occurrence, concurrent à sa course) : se focaliser sur Batman, l'homme chauve-souris qu'on avait déjà aperçu talonner une nuit entière (la jeune femme en vibrait d'impatience) une cambrioleuse déguisée en chat. Quant à savoir ce qui valait à telle ou telle criminelle d'attirer l'attention du guetteur chiroptère de la ville... Le motif d'intervention le plus récurrent mentionnait l'asile local, Arkham. D'où l'idée du Lapin Blanc de s'y rendre, pour y provoquer assez de ramdam pour que Batman n'ait plus d'autre choix que de venir la trouver. Et essayer de l'attraper.

* ♪ Gotham, Gotham ♫
♪ Ne me crains pas cette nuit. ♪
♫ Car c'est ta chauve-souris ♫
♪ Que ce soir je réclame. ♫
*
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MessageSujet: Re: Arkham by night [Edward Nygma]   Mar 17 Fév - 0:26

« Je sortirais probablement plus tôt que prévu, cher Agent ! »
White Rabbit & Edward Nygma.
« On peut me briser rien qu'en prononçant mon nom, que suis-je ? » « Le silence. » « Perdu ! »
Je ricane, assis devant l’immense vitre de ma cellule. Je m’ennuie. L’ennui est terrible. Il n’y a rien de pire que l’ennui. Il vous brime, vous étrangle, vous retient. Presque autant que cette grande cage dans laquelle on me retient. Une cage, une cellule… Quelle différence ? Je suis parqué comme un animal. Un animal dont on ne connait pas les réactions. Moi, je préfère qu’on dise un animal rare. Un animal qu’on a peur de perdre, parce qu’il n’y a qu’un comme lui. Pourquoi ne pas envisager Arkham comme un cabinet de curiosités où on entrepose ses meilleurs spécimens ? Un grand hall où on garde jalousement de la vue de tous les plus belles variétés. Sous cet angle de vue, je suis d’accord pour mériter ma place ici… Bien que j’estime qu’elle ne devrait pas être entre celle d’Harley Quinn et celle de Double-Face, mais ce n’est que mon avis et ô combien il est bien plus important que je le vôtre, ça ne reste qu’un avis.

« J’en ai une autre très jolie pour toi ! » « Ferme-la, Nygma. » « Je te vois vieillir, mais sans jamais rien te dire… Je suis ? » ma voix glisse, feutrée. Le garde flanque un grand coup contre la vitre qui nous sépare. La surprise me gagne et je recule sur le sol en sursautant. Je vois qu’il esquisse un sourire satisfait. Tu ne payes rien pour attendre… C’est lâche, ni plus ni moins. Un comportement de brute épaisse caractérisée. Ris, oui, profite de la cellule dorée qui me garde. On nous admire. On nous observe et nous analyse. Nous sommes juste bon à amuser la galerie… mais prenez garde, car quand on lâche les fauves, le monde tremble…

« C’est d’une simplicité sans nom, bougre d’âne… » je prends un ton volontairement prétentieux. Il s’en moque. Il sait qu’une plaque de vitre nous sépare et, quand bien même, je l’aurais en face, qu’est-ce que j’allais faire ? Il cogne une nouvelle fois contre la vitre qui nous sépare, mais cette fois, je me relève. Je me tiens face à lui, jaugeant cette pauvre vitre… Mais je ne vois que mon propre reflet. Enfermé entre quatre murs, démunis et terriblement seul. Je sens mes dents grincer, mais je reste digne. Je fixe à travers mon pitoyable reflet cet homme qui se pense supérieur parce que le monde est derrière lui, tout entier. Et, accessoirement, qu’il a une arme de service à la ceinture. J’envie cette liberté comme je n’en veux pas. Je m’ennuie de jour en jour…
J’avance d’un pas… puis deux. « Vous savez ce que nous différencie, agent Summers… » Je fais une pause langoureuse, mais ne lui laisse pas le temps de répondre. « C’est qu’une fois dehors, je saurais vous tomber dessus, mais vous non… » A bons entendeurs…

Je baisse les yeux sur son insigne, quand un son grésillant troubla l’intimité de notre conversation. Ou l’intimité de ma menace, pour être juste. Son talkie-walkie crachote, se brouille et se fixe. « Les gars, on a une stripteaseuse introduite à Arkham… » Je lève les yeux vers le garde. « Votre pathétisme vous conduit à commander des gamines dévêtues ? » Je réprime un rire narquois avant qu’il ne cavale sans m’accorder de réponse. Charmant, agent Summers, vraiment. « Je sortirais probablement plus tôt que prévu, cher Agent ! »
Une stripteaseuse ? Sérieusement ? Machinalement, je colle une mèche rousse derrière mon oreille. Loin de moi l’idée de faire bonne impression…

Peut-être que finalement, je ne m’ennuierais pas cette nuit. Ou un peu moins…
Je le regarde filer et me tords dans l’angle de ma cellule, d’où je peux distinguer les entrées et sorties des gardes. Les mains fines apposé délicatement sur la vitre, je plisse les yeux. Aucun son ne passe entre l’entrée d’Arkham et l’aile où je suis. Je connais Arkham par coeur, faut de m’en être échappé ou d’en avoir apprit les moindres plans, mais aucun son n’arrive. Ici, on ne peut qu’attendre… Ou faire venir le destin à nous.

_________________
Je m’émerveille de ce que j’ai trouvé, quelqu’un qui, par touches successives et à chaque fois réussies, sans défaillance, achève le tableau de mon fantasme ; je suis comme un joueur dont la chance ne se dément pas et lui fait mettre la main sur le petit morceau qui vient du premier coup compléter le puzzle de son désir.



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MessageSujet: Re: Arkham by night [Edward Nygma]   Mer 18 Fév - 2:09

« T'as vu l'dernier résultat des Blades, hier soir ? »

En sa qualité (auto-proclamée) de premier fan de l'équipe de hockey de Gotham, Riley Finnigan ne perdait jamais une occasion d'aborder le sujet avec ses collègues. Les rondes au sein de l'asile n'offraient que rarement une chance de discuter sport avec un autre amateur, aussi le vigile d'Arkham savourait-il particulièrement ses passages près de la salle de surveillance, où son comparse Trevor gardait un œil ouvert sur la mosaïque de moniteurs allumés. Le solide quadragénaire attrapa la balle au vol, hochant le crâne au-dessus de sa tasse de café (vide depuis trop longtemps).

« Ouais. On s'est pris une belle tannée ! Si on réussit pas à faire mieux contre Coast City, le championnat va nous passer sous l'nez... »

Finnigan plissa les lèvres, montrant qu'il partageait ce pronostic défavorable, et se gratta le menton. Soudain, son regard se figea, pour accommoder sur l'un des écrans derrière Trevor. De l'index, il désigna ce que montrait l'une des caméras extérieures.

« Heu... C'est quoi, ça ? »

En moyenne définition (donc un peu pixelisée, et dans des proportions légèrement étirées), une demoiselle en costume de lapin blanc agitait la main à l'attention de quiconque se trouvait devant l'écran. En dépit de la pluie qui continuait de se déverser sur les environs, elle semblait parfaitement sèche (Riley en déduisit qu'on venait de la déposer en voiture), alternant les poses et les baisers soufflés vers l'œil mécanique qui la lorgnait avidement. Incapable de détacher ses yeux de l'image (une manifestation physique de fantasme tout droit sortie d'un magazine pour adultes), le garde de permanence dans la salle de surveillance tâtonna jusqu'à saisir son talkie-walkie. Actionnant le canal de discussion général (audible par tous), le très perplexe Trevor articula dans l'appareil :

« Les gars, on a une strip-teaseuse introduite à Arkham... »

« Ça, c'est signé Jefferson. Décréta Riley, en hochant négativement du chef. Putain ! Cette fois, ça va vraiment être sa fête. Cash l'avait mis en garde, pourtant... D'abord, reluquer Quinn, et maintenant ça... Ce mec a vraiment le cerveau placé entre les jambes ! » Ronchonna-t-il, non sans se rincer l'œil malgré tout (au moins, Jefferson avait bien choisi sa mignonne ; dommage qu'il faille l'expulser !).

Trevor, pour sa part, fronça peu à peu les sourcils. Une femme, déguisée en Bunny girl... Où avait-il déjà entendu parler de ça ? Mais oui ! Dans le dernier tirage du journal ! Le GCPD ayant été vu sur les traces d'une insolente sprinteuse ! La strip-teaseuse n'en était pas une !
Alors que Trevor s'apprêtait à indiquer la position du Lapin Blanc à ses collègues de permanence, celle-ci rapprocha l'index et le majeur de sa tempe, avant de faire une révérence à la caméra, et de sortir du champs à toutes jambes. Aussitôt paniqué, le vigile en oublia son talkie, qu'il lâcha par terre en jurant dans sa barbe, les mains pianotant sur la console d'affichage.


« Bordel ! Bordel de bordel de putain ! Merde de merde, où est passée cette pute ? »

Pour le plus grand bonheur de White Rabbit, l'alerte générale fut immédiatement donnée. Dans tous les hauts-parleurs, sur toutes les fréquences, l'alarme d'intrusion déferla sur l'asile, secouant le bâtiment fondé par Amadeus Arkham d'Ouest en Est, provoquant le branle-bas de combat du Nord au Sud. Le commissariat central reçut un appel via la ligne prioritaire de l'établissement. Un peu partout, des verrous de sécurité se mirent en place, pour garantir la protection du personnel réparti aux quatre coins de l'asile. Et pendant les minutes qui suivirent, Trevor s'égosilla dans son talkie, sa rapidité d'élocution prise en défaut par la remarquable capacité de White Rabbit à toujours se manifester là où on ne l'attendait pas. Lorsqu'ils pensaient l'avoir cerné dans l'aile Est, les vigiles de l'asile s'entendaient dire que le Lapin Blanc avait été aperçu aux soins intensifs ; à peine s'y précipitaient-ils que Trevor leur affirmait avoir à présent sous les yeux la jeune impertinente en train de se déhancher près de l'infirmerie. Telle un fantôme indifférent aux barrières et aux obstacles physiques, l'intruse déjoua, durant une harassante course-poursuite riche en adrénaline avec les gardes (pourtant expérimentés) de l'édifice, tous les pièges que l'on s'évertuait à lui tendre. Fidèle à sa réputation, l'insaisissable criminelle de blanc et de rose surpassa en vitesse et en endurance ceux de ses poursuivants qui se piquaient de la rattraper, riant à belles dents quand une main se tenait pour ne se refermer que sur du vide.

La frustration allait bon train, du côté de la sécurité. Après la phase initiale où elle s'était simplement amusée de se voir poursuivie, White Rabbit avait augmenté d'un cran ses provocations, en commençant à s'emparer d'objets qui traînaient à portée de main – une matraque, un écriteau, une arme de service, un trousseau de clés, etc.  Aucun des souvenirs, cependant, qu'elle embarqua avec elle n'eut autant d'effet stimulant sur ses talonneurs, que le badge décroché de la chemise même d'un de ses limiers. Plastifié, rigide, et même pas joli, il était trop grand pour servir de porte-clef, mais s'avéra vite très amusant, car les capteurs près desquels on l'approchait changeait de couleur ("mûrissaient"), virant du rouge pour tourner au vert.


« ♪ Arkham, Arkham, ♫
♫ tu n'es pas une prison ; ♫
♪ à peine une maison, ♪
♫ d'où s'échappe un vacarme. ♪
»

Sautillant à pas légers sur la pointe de ses bottes, l'intruse franchit l'angle du passage où se dévisageaient deux rangées de cellules aux vitres épaisses. Sa voix doucereuse, aux intonations enfantines, mais aux octaves résolument adultes, résonna agréablement de paroi en paroi, annonçant l'arrivée de la visiteuse aux grandes oreilles pour tous les criminels enfermés dans l'aile. La comptine avait envahi ses lèvres roses, à présent, son esprit ne voyant pas quel mal il pouvait y avoir à chantonner tout haut la mélodie qui lui trottait dans le crâne comme un lapin trotterait dans les hautes herbes.

* Voyons... Qui faut-il libérer pour attirer une chauve-souris ? *

Cette notion, White Rabbit l'avait bien intégrée : lorsque le prédateur silencieux de Gotham fondait sur l'asile, c'était pour contre-carrer une tentative d'évasion. En vertu de quoi, la rongeur anthropomorphe allait devoir simuler une sortie de cellule.

« Ou bien libérer réellement un prisonnier... » Murmura-t-elle en examinant le badge dérobé portant le sigle de l'asile et un niveau d'accréditation, avant de relever une paire d'yeux violets pétillants de malice vers les verrières et portes blindées s'offrant à sa vue.

Il y avait un mélange de solennité et d'aigreur, dans l'atmosphère. Là où elle se trouvait, White Rabbit inhalait le même air que certaines des pires crapules que Gotham ait jamais connue. Des meurtriers sans repenti, des fous dangereux, des cerveaux malades et géniaux, des individus si brillants qu'ils en devenaient terribles. Tout Arkham fouillait l'asile à sa recherche, mais le Lapin Blanc ne pensait, en cet instant, qu'à ces figures, qui l'épiaient depuis l'étroitesse de leur cellule, qui tendaient l'oreille. Elle ne voulait qu'un appât, pour cette nuit ; une pièce à glisser dans la machine en échange de trois vies, et d'une occasion d'aller plus loin que n'importe qui. Et en même temps, une forme d'empathie l'étreignait, à hauteur de poitrine. Lorsque l'on tenait à sa liberté de mouvement, s'imaginer dans une boîte causait des frissons.


* Ne pense pas à ça. *

En se tapotant la pulpe des lèvres d'un index songeur, White Rabbit examina l'échantillon de résidents qui occupaient l'aile, son bassin pivotant au rythme énergique des battements de son cœur ; un tempo en demies-mesures qui soulignait parfaitement la tension actuelle. Un talon juste assez levé pour ne plus toucher le sol, l'autre bien à plat sur le dallage vétuste d'Arkham, la coureuse élimina sans hésiter Harley Quinn de sa liste (la blonde refuserait de partir sans son amant, certainement logé dans la cellule la mieux gardée de tout le complexe). Le rouquin de la cellule voisine aurait pu faire l'affaire, sauf que l'experte en course ne lui donnait pas trente secondes avant d'être re-capturé. Hélas, le Lapin Blanc n'avait pas mieux sous la main (Double-Face étant un homme au physique trop dérangeant et repoussant pour que White Rabbit s'imagine seulement l'aider à se libérer. Et ses variations d'humeur le rendaient trop imprévisible).

Un poing calé sur sa hanche, l'autre main occupée à jouer avec le badge, l'alter-ego de Jaina Hudson planta ses iris myosotis dans le vert cristallin du poseur d'énigmes, le lent va-et-vient de son pompon moelleux captant l'attention des résidents des cellules opposées.


« Si tu devais persuader quelqu'un comme... Disons, moi, de te libérer, poil de carotte, qu'est-ce que tu dirais ? »

Derrière son loup violet, l'intruse en bustier prit un air prédateur, son timbre désinvolte soulignant la pléthore de possibilités qui s'offraient à elle. Un sourire mielleux, aussi carnassier qu'attendrissant, embellit ses traits.

« Sachant que j'ai très peu de temps à t'accorder, et plein de gens qui adoreraient avoir ton occasion de me convaincre... »

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MessageSujet: Re: Arkham by night [Edward Nygma]   Mer 18 Fév - 14:34

« A ton avis, de nous deux… Qui a le plus besoin de l’autre ? »
White Rabbit & Edward Nygma.
Il n’y a presque aucun bruit… Les gémissements impatients d’Harley brisant le silence lourd dans lequel nous avions l’habitude de vivre, mais je n’y prêtais pratiquement plus attention avec le temps. Nous n’entendions que notre respiration, pour la plupart du temps. Le nez collé sur la vitre, nous guettions, l’oreille tendu vers la lourde porte menant au sasse, l’arrivée de l’élément perturbateur de cette nuit.

« Arkham, Arkham,
tu n’es pas une prison ;
à peine une maison,
d’où s’échappe son vacarme.
 »

Ce n’était pas la voix d’Harley. J’avais pourtant l’habitude de chanter des gamineries lorsqu’elle était dans la cellule d’à côté, mais cette voix, je ne la connaissais pas. Je me détache de l’épaisse vitre qui me sépare de la liberté, le claquement des talons de l’intruse se rapprochant. Geste timide ou bien farouche. Je me préparais à son arrivée avec scepticisme. Une strip-teaseuse et maintenant, des comptines sur Arkham… Où allait Gotham ?

Oh, je suis bête… Nulle part.

De longues oreilles duveteuses entrèrent dans mon champ de vision. Je détaillais, d’un drôle d’oeil, l’accoutrement de la donzelle. Légère et joyeuse, elle avait l’air de se préparer à un petit spectacle. Son allure faisait tâche dans le tableau des détenus d’Arkham. Lumineuse et candide dans l’austérité morbide de notre aile.

Je ne dis rien quand elle s’approche de moi. Pourquoi moi, d’ailleurs ? Mon air las détail son visage, mais je suis incrédule. « Si tu devais persuader quelqu’un comme… Disons, moi, de te libérer, poil de carotte, qu’est-ce que tu dirais ? » Elle m’arrache un sourire. Je hausse les sourcils, surprit de sa demande. Entre ses doigts gantés se balade le badge qui ouvre nos cellules.

« Les lapins blancs sont en retard, habituellement… » La notion du temps est quelque chose d’assez abstrait, quand on est enfermé quelque part. Le temps n’a plus l’air d’agir nulle part et, de toute façon, nous n’en dépendons plus. Sauf quand il s’agit de sortir. « C’est moi qui pose les questions, d’ordinaire, mais soit… La réponse la plus simple serait de dire que j’ai l’air le plus inoffensif des deux. » Une main tendue vers la cellule d’Harley, l’autre vers celle d’Harvey, j’illustre mon propos en haussant les épaules. Élémentaire.

Plus sérieusement… « Qui dit que j’ai besoin de toi ? Je pourrais sortir d’ici en deux ou quinze minutes plus ou moins discrètement. » Je mime volontairement son air joueur en me balançant d’un pied sur l’autre. Le problème des évasions étant les alarmes, elle avait dans les mains le moyen d’être d’une, plus rapide que moi et de deux, ne rien faire sonner, mais ça… Ca faisait partie du jeu.

Continuant sur ma lancée et balayant d’un geste de main désinvolte sa précision sur le temps, je tourne les talons dans ma cellule en tapotant un index contre ma joue.
« Mais vous n’êtes probablement pas venue ici sans but… Pourquoi me libérer… ? » Après tout, je m’en fichais. Pour l’instant. J’aurais tout loisir de me pencher sur la question quand je m’ennuierais de nouveau.  

« A ton avis, de nous deux… Qui a le plus besoin de l’autre ? »

Je lui lance un regard à la dérobade, par-dessus mon épaule. Inverser les rôles, c’est probablement ce qu’il y a de meilleurs. Comme savoir que quelqu’un dépend de vous. Supplie-moi, jolie lapine, je te céderais peut-être mon aide.

Je tourne finalement les talons en joignant les mains. En admettant qu’elle ait besoin de moi et non moi d’elle. « Je ne sortirais qu’à une seule condition. » Une pause marque la condition. Puis je reprends, mes mots marqués de plans d’Arkham dessinés dans le vide « Au deuxième sous-sol sont gardés comme des reliques nos accoutrements ; le maillet de l’amoureuse transi d’à côté comme des objets avec plus de valeur… Ma canne. Et mon chapeau. » D’un signe de tête, je désigne sa croupe monté d’un pompom blanc. « Autant que je présume que vous ne sortez pas sans votre adorable pompom… Je ne mettrais pas un seul de mes poils de carottes hors de cette cellule sans… » Je termine par un sourire charmeur, avant de croiser les bras.

« Bon courage, joli coeur… ! Et c’est Nygma, sur la boite. N.Y.G.M.A. »

_________________
Je m’émerveille de ce que j’ai trouvé, quelqu’un qui, par touches successives et à chaque fois réussies, sans défaillance, achève le tableau de mon fantasme ; je suis comme un joueur dont la chance ne se dément pas et lui fait mettre la main sur le petit morceau qui vient du premier coup compléter le puzzle de son désir.



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