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 I'm a fool (Harvey Bullock/Penny Eldridge)

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MessageSujet: I'm a fool (Harvey Bullock/Penny Eldridge)   Jeu 5 Mar - 22:45




Harvey & Penny
But then would come the time when I would need you

La nuit tombe déjà sur Gotham. Trop tôt à son gout. Elle qui avait toujours aimé la nuit s’en méfit. Comme les enfants ont peur du croquemitaine, Penelope a peur de Gotham. Elle redoute le moment où la nuit enveloppe la ville du crime. Elle craint l’instant où les loups sortent.

La nuit tombe sur Gotham. Elle la regarde tomber, dans sa longue robe noire. Ses yeux n’ont qu’un trait d’eyeliner et une pointe de mascara. Ses lèvres sont teintées d’un rouge éclatant. Elle porte à ses oreilles dégagées deux petites perles qui scintillent au moindre éclat. Elle n’a nul besoin de plus.

Elle embrasse ses fils, déjà partie. Elle souhaite les voir à son retour, mais elle ne peut qu’espérer. Elle espère, chaque soir, mais ils ne sont jamais là.

Elle quitte son appartement à pas léger. Comme chaque soir, elle chante au Club Roman. Elle aurait préféré chanter ailleurs. Elle sait que la mafia y est. Elle sait que les policiers ferreux y sont.

Elle embrasse avec des sourires faux ses collègues. Elle salue les serveuses. Elle rassure les danseuses. Elle ne peut faire que ça. Elle se montre forte pour les autres et elle montre l’exemple.

Un châle épais sur les épaules. Elle monte sur la petite scène du club. Feutré, intime, la lumière est sur elle. Elle se met à l’aise, détend ses épaules. Elle adresse des clins d’oeil à ceux qu’elle connait. Elle n’aime pas cet endroit, mais lui semble l’aimer. Elle chantera plusieurs fois, ce soir… Elle passe doucement sa langue contre son rouge à lèvres. Elle interrompez sa préparation.

Elle reconnait son visage. Elle plisse les yeux, détourne la tête un instant. Elle commence à chanter :
« - I'm a fool to want you
I'm a fool to want you
To want a love that can't be true
A love that's there for others too
 »
Elle le regarde un instant. Elle ferme les yeux. Elle continue de chanter. Sa longue robe se balance contre elle, légère. Elle a l’air si frêle, pour une si belle voix.
« - Take me back, I love you
I need you
I know it's wrong, it must be wrong
But right or wrong I can't get along

Without you
 »

Elle ne dédie qu’un sourire timide à des applaudissements et descend de l’estrade à pas léger. Elle aurait voulu s’enfuir, si elle ne devait pas chanter à nouveau.Elle aurait voulu s’échapper, s’il n’avait pas été là. Elle devait en avoir le coeur net. Que voulait-il ?

Elle commande un verre au comptoir, le prend et rejoint la table de l’inspecteur, installé seul. Il ne la regarde pas. Elle en profite pour s’assoir en légèreté sur la banquette, à côté de lui.

Elle dépose délicatement le verre devant lui, bouscule comme une caresse son avant-bras pour lui signaler sa présence. Un verre de whisky irlandais, deux doigts parfaitement dosé sur un lit de glaçon.
Ses yeux de biche le scrutent longuement. Elle n’a pas prononcé un seul mot. Ses yeux expressifs ont l’air de l’accusé de tous les maux.
« - Vous n’êtes pas un homme qui change ses habitudes… »
Elle le voyait moins qu’avant, mais lorsqu’elle le voyait, il prenait toujours la même chose. Un whisky. Glacé. Elle bat doucement des cils, sans le quitter des yeux. Elle soulève le verre qu’elle vient de poser et y boit une gorgée infime. Elle y laissa une trace de rouge à lèvres, puis détourna la tête. Cette fois, le verre claqua sur la table.
« - Bonsoir Harvey. »

Elle n’avait jamais apprécié ses visites. Elle le connaissait assez de réputation pour ne pas vouloir gratter sa carapace. Elle ne voulait pas chercher à savoir ce qui se cachait sous le nom d’Harvey Bullock. Elle l’imaginait suffisamment bien.
Ses yeux toujours infiniment tristes se baladent dans la salle. Elle s’arrête sur chaque visage, détail les tentures pourpres qui les entourent. Tout était trop beau. La vie était trop belle pour Gotham.

Elle balade ses ongles contre le verre qu’elle lui avait amené. Enfin, elle leve les yeux. Avec peine. Elle ne cachait pas la mélancolie de son visage. Elle incline la tête sur le côté, croise les bras.
« - Vous apportez rarement de bonne nouvelle… gémit-elle avec grâce, mais peut-être allez vous êtes surprenant ! »
Elle l’espérait. Elle espérait de tout son coeur qu’Harvey Bullock n’aille pas vers elle pour la mafia, ses fils ou tout autre chose dont elle ne voulait pas voir la couleur.
« - Tu désertais le Club ? On compte tes absences en semaines… Ca ne te ressemble pas, Harvey. »
Elle choisit volontairement de le tutoyer. Sa voix sonne comme un reproche. Elle papillonne des cils, le regard en coin. Sa main glisse vers son paquet de cigarettes. Elle en tire une et la glisse entre ses lèvres rouges. Un sourire amusé vient fendre son visage d’ange.
« - J’espère que tu n’as pas arrêté de fumer, je n’ai plus de feu. »

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MessageSujet: Re: I'm a fool (Harvey Bullock/Penny Eldridge)   Lun 9 Mar - 22:30


I'm a fool, of course.



 La nuit tombe enfin sur Gotham. Elle s’était fait attendre. Sa journée de travail était désormais terminée et il était pressé de quitter son bureau. Il n’avait pas fait grand-chose aujourd’hui à part quelques affaires avec la mafia qui nécessitaient un œil vigilant, mais il fallait toujours l’être avec eux bien sûr. Il n’avait pas trop à se plaindre. Pas de dingue dans les rues, pas de super vilain prêt à assiéger la ville, pas de démocrate corrompue faisant face à la vengeance de ses partenaires illégaux. Tout était calme. Même lui l’était, mais dans le sens que l’on attendait. Où était le Bullock prêt à cogner quelques sans abris pour avoir un brin d’information ? Celui, toujours un café à la main, prêt à insulter collègues et criminels pour avoir ce qu’il veut ? L’inspecteur vivace qui vous payait un verre sans problème si vous aviez fait du bon boulot ? Le quarantenaire plein de blague grivoise ? Il était las. Cela faisait quelques semaines que l’inspecteur Bullock semblait un peu plus distant, un peu plus dur. Ses collègues vous répondront sans doute qu’il était un Bulldog, qu’il avait ses mauvais jours. Il était fort. En vingt ans de carrière, il avait vu bien des policiers se faire descendre, bien des victimes perdre la vie et bien des criminels réussir là où la police échouait. L’affaire Nygma ne pouvait pas l’atteindre autant. Il s’en remettrait. Il s’en remettait toujours.

Après des semaines de silence, il décida de se prendre en main. Il en avait assez de rentrer directement chez lui –son appartement était d’ailleurs plus chaotique que d’ordinaire- pour faire face au vide qui s’installait en lui ou aux images d’un sphinx victorieux qui hantait sa cervelle. Reprendre ses vilaines habitudes était dans ses projets. Bullock pouvait faire autant le fier qu’il voulait, la solitude n’était pas son fort. Il se rendit à son bar habituel, qu’il avait donc déserté depuis quelques temps. Retrouver un peu de compagnie ne pouvait pas lui faire de mal, malgré que ceux qui se trouvaient là-bas étaient des enfoirés finis. C’était toujours mieux que de boire sa bière seul sur son canapé.

- Vous collectionnez les mauvaises affaires Bullock, ou vous faites de mauvais choix.

Voilà ce que lui avait dit son patron lors qu’enfin l’affaire Nygma se termina. Peut-être avait-il raison. Cependant, l’ambiguïté lui allait si bien. Mauvais flic, bon flic ? Homme bon ou mauvais ? Il faisait ce qui était le mieux pour sa propre sécurité mais il lui arrivait de prendre de mauvaises décisions et d’autres qui étaient excellentes. Suivre Jim Gordon dans son aventure contre le crime organisé et la corruption en était une. Si Jim Gordon, un policier exemplaire, était la lumière du GCPD, Harvey Bullock en était certainement l’ombre.

A une époque, avant de rencontrer Gordon, le Club Roman était le lieu de prédilection de la pègre. C’était encore le cas aujourd’hui mais quelque chose avait changé dans l’ambiance. On se méfiait et si Bullock était toujours le « bienvenue », c’était pour la seule raison qu’il se la fermait. En outre le fait qu’il avait su se faire respecter avec les années et qu’il était parvenu à gagner la confiance de plusieurs personnes peu fréquentables. Qui a dit que l’entraide était impossible entre un policier et un briguant ? Il regardait, observait mais ne dénonçait pas. A moins qu’il n’en soit obligé et puis, à Gotham l’information permettait la survie. Il était difficile pour lui de changer ses habitudes. Jouer avec les règles de la pègre, faire des promesses en échange de service et ainsi de suite. Il espérait que plusieurs bonnes actions laveraient les plusieurs autres regrettables qui salissaient son dossier.

Il entra dans le club et se dirigea d’un pas décidé vers le bar. Il le connaissait par cœur. L’endroit était à peine éclairé par les lanternes accrochées au mur, donnant une atmosphère lourde mais non moins chic à l’endroit. Comparer aux autres établissements, le Club de Roman était loin d'être une de ses bacchanales qui pervertissaient les clients. Ici, pas de sexe, même si toutes sortes de boisson en hommage à Baccus étaient présentes. On offrait ici la sobriété du charme italien, le marché noir en plus. C’était un endroit où toute la mauvaise graine se retrouvait. Cependant, il y en avait de meilleur que d’autre. Il chercha d’ailleurs du regard la petite fleur italienne qui poussait là. Il savait qu’a cette heure-ci, comme habituellement, elle faisait son show. Bien sûr ils n’entendaient pas d’excellent rapport malgré qu’il soit un client régulier du club en partie grâce au très bon alcool qu’ils servaient et sa voix de porcelaine. En même temps, comment une mère de famille mafieuse pouvait voir Harvey Bullock comme autre chose qu’un sale flic ? Comment n’importe qui pouvait le voir autre chose que comme un Bulldog ? Il déposa son chapeau sur le marbre du bar, il n’eut pas à prononcer un mot que l’on lui offrit son whisky glacé habituel. C’était bon d’être un client fidèle parfois.

La lumière se dégrade doucement, se centrant sur la scène et elle apparut dans sa jolie robe, d’un créateur inconnu mais qui lui allait à merveille. Elle était belle cette femme. Penelope Eldridge, ou Penny, il la plaignait réellement. On ne choisissait pas sa famille et jamais ce dicton ne fut aussi vrai pour elle. Il n’était jamais bon de tremper dans les affaires de la pègre, son mari en avait fait la douloureuse expérience. Il se souvenait parfaitement de l’affaire. Il la revoyait encore lorsqu’on lui avait annoncé cette macabre nouvelle. Une soirée de deuil pour la jeune veuve et ses enfants. Une famille de plus détruire par Gotham la sombre. Il était heureux de n’avoir pas été celui qui avait dû lui annoncer. C’était la partie la plus désagréable de son travail d’ailleurs. Leur regard se croisa un maigre instant et elle commença à chanter. Bullock redressa une mèche de cheveux par réflexe. Il baissa rapidement la main, se trouvant ridicule. Il se tourna, dos à la scène, et but d’un coup sec sa boisson, se laissant bercer par le timbre mélodieux qui emplissait la salle. Étrangement, ce soir-là elle vient le retrouver. Il tourna légèrement la tête vers elle lorsqu’elle vient s’asseoir près de lui, frôlant légèrement son bras, le faisant se reculer. Il essuya du dos de la main le liquide qui collait ses lèvres. Il voulut lever son verre, comme pour la saluer, le vide du contenant le fit s’abstenir. Elle finit par prendre la parole. Elle avait donc remarqué son absence, cela lui décrocha un léger sourire mais il ne releva pas. Il ne savait pas trop quoi répondre de toute manière. Elle avait surement lu les journaux.

- Bonsoir, Penelope.

Elle lui offrit sa boisson favorite et se permit une gorgée, laissant son rouge à lèvre marqué le verre. Il ne le toucha pas, craignant de briser cet instant. Si elle venait le voir, c’est qu’elle avait quelque chose à lui dire, n’est-ce pas ? Qu’est-ce avait fait ses fils cette fois ? Il posa son regard ses mains. De toutes petites mains, délicates et soigné. Elle était une lady, tout son être inspirait cela. Très clairement, c’était le genre de femme qu’il ne côtoyait jamais. A part pour son travail, c’était comme cela qu’ils s’étaient rencontrés d’ailleurs. Ils n’étaient pas du même monde.

- Vous apportez rarement de bonne nouvelle… fit-elle doucement, mais peut-être allez-vous êtes surprenant !
- Peut-être que pour une fois, je suis juste là pour boire juste un verre. Je ne porte pas tant la poisse que ça, si ?


C’était pourtant le sentiment qu’il avait. Il était une ombre. Il n’était pas Gordon ou même Batman, même si ce pseudo héros en collant en ramassait aussi des cadavres –son dernier Robin en était la preuve, pauvre gosse. Il avait l’impression de laisser plus de drame derrière lui avec son job. Il avait été si facile pour lui de se perdre dans le jeu malsain de la boisson. Si facile. Il était plus dur d’en sortir. Il gratta sa barbe mal rasé, réfléchissant. Elle s’attendait à ce qu’il lui relève quelque chose s’il en jugeait sa réplique. Heureusement pour elle, il n’avait rien à dire. Ses fils étaient même globalement sages. Leur nom n’était pas réapparu dans un dossier dernièrement. Peut-être préparaient-ils un gros coup mais il préféra garder cette pensée pour lui-même. Il regarda le verre et s’approcha pour le prendre, frôlant ses doigts des siens dans un geste rapide. Bullock était nerveux. Son manque de réponse la poussa à lui poser la question directement. Cette fois-ci, il ne pouvait pas faire mine de l’ignorer. Il n’ignora pas le tutoiement non plus.

- J’ai été occupé, Penny, se permit-il.

Réponse courte, ne demandant aucune explication supplémentaire. Il n’allait pas s’apitoyer sur son sort, il l’avait assez fait ces dernières semaines. Il la regarda une seconde de ses yeux clairs avant d’ajouter :

- Pourquoi, je vous ai manqué ?

Il grimaça. Sa spontanéité le perdra. Il fouilla dans ses poches d’une main et lui tendit son briquet, l’allumant lui-même dans un geste presque intime si on oubliait qui ils étaient. Un ange ne fricotait pas avec un bulldog, surtout quand ce dernier avait eu la joie de coffrer ses fils, une ou deux fois. Heureusement pour eux, il n’y avait jamais assez de preuve. D’ailleurs…

- Comment vont Crane et Dure ? S’amusa-t-il.

Cette question était innocente. Ils savaient tous deux qu’elle ne dirait rien sur les affaires de la famille. C’était une vraie question. Il voulait savoir comment elle et sa famille allait. Il n’avait pas besoin de jouer la comédie en feignant de s’en préoccuper. Il était réellement préoccupé de leur sort. Ils étaient jeunes. Ils étaient manipulables. Ils avaient Penny, et pas de nouvelle ne rimait pas avec bonne nouvelle à Gotham. Cette femme ne méritait pas de souffrir encore du deuil. Quelque part, Bullock avait pitié d’elle. Gotham n’était pas une ville pour elle. Ce n’était une ville pour personne d’ailleurs. Qui voudrait rester dans cette ville pour toujours ? Le taux de chômage était élevé, les prix du logement en hausse, la criminalité aussi. Il fallait aimer quelque chose de cette ville pour rester. Pour elle, ça devait être ses fils. Lui, il n’avait rien. Il était plein d’espoir et de rêve quand il était jeune. Les vingt dernières années avaient tout emporté. Qu’importe les saisons, elle apportait toujours son lot de souffrance. Cet hiver, une vingtaine de policiers avaient perdu la vie. Par sa faute. Il la regarda doucement.

- Comment tu vas, Penny ?

Tutoiement, aussi.






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MessageSujet: Re: I'm a fool (Harvey Bullock/Penny Eldridge)   Mar 10 Mar - 19:03




Harvey & Penny
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Harvey Bullock avait toujours un animal étrange. Bourru, grognon et parfois tendre. Elle semble attristée, qu’il pense porter la poisse. Elle ne répond pas, pourtant. Elle avait eu trop souvent l’habitude de le voir pour venir coffrer un temps son entourage, la mettre dans l’embarras parce qu’il interférait dans les affaires de Falcone. Ses fils ne le voyaient pas d’un bon oeil, bien que Carmine et ses hommes le toléraient. Elle le voyait comme un oiseau de mauvais augure, c’était vrai.

« - Pourquoi, je vous ai manqué ? »
Elle pouffe de rire, secoue la tête. Elle le sermonne faussement d’un regard en coin. Elle ne lui répond pas. Elle ne veut pas le gêner plus. Il le fait si bien lui-même. Sa franchise est touchante.
Il sort son briquet. Elle s’avance vers lui, tenant la cigarette entre ses lèvres. Elle ne le quitte pas des yeux, alors qu’il allume la cigarette qu’elle s’était promis d’arrêter. Elle articule un « Grazie… » silencieux et se recule.

« - Comment vont Crane et Dure ? »
Elle tire sur sa cigarette, elle l’écoute, puis expire une épaisse bouffée de fumée sur le côté. Un sourire rouge fend ses lèvres presque amusées. Elle secoue lentement la tête en se penchant de nouveau vers lui. Son petit air polisson scrute le policier. Elle enferme toutes les peurs qu’il lui a causé, les nuits d’angoisses qu’elle a passées. Elle fait taire chacune de ses reproches et reprend posément. Elle prend le soin de répondre sur un ton des plus innocents.
« - Mieux que la dernière fois que tu les as vu. »
Les Eldridge, comme tous ceux qui étaient dans les poches de la mafia n’entretenaient pas de relations très amicales avec le GCPD. Elle tapote sa cigarette contre le bord du cendrier et reprend sans accroc.
« - C’est dommage qu’ils n’aient pas bons souvenirs de toi, ils sont moins insolents, depuis ! »

La dernière fois qu’elles les avaient vus, tous les trois ensembles, prêt à se sauter à la gorge, c’était il y a longtemps. Ils devaient avoir seize ou dix-huit ans. Insolent et casse-cou. Ils étaient jeunes, bêtes… Et pourtant, Harvey les avait ramenés.
Elle espère qu’ils ne se soient jamais revus. Qu’ils ne se sont ni battus, ni menacer. Elle ne veut pas les voir ainsi. Ni ses fils, ni Bullock.

« - Vous seriez surpris, Inspecteur Bullock, ils ont grandi. Ils sont… , elle marque une pause, et reprend sérieuse,plus calme… Plus responsable. »
Elle passe sa langue contre ses lèvres. Ce détail lui échappe volontairement, mais elle est gênée. Elle ne veut pas lui en dire trop. Ce n’est pas l’endroit, mais elle préfère le prévenir. Ses fils étaient monté en grade et en respect. Ils n’étaient plus uniquement des petits voyous qui s’occupaient des basses affaires. Les Falcone avaient décidé de les prendre sous leurs ailes… Ça ne l’enchantait pas. Son coeur se fragilisait avec ses peurs.

Inconsciemment, elle protégeait tout ce qu’elle pouvait, à sa petite échelle. Elle était prête à tous, pour défense ceux qu’elle estimait innocent. Aussi étonnant que cela paraisse, Bullock l’était pour elle.
Inconsciemment, peut-être la belle lui lançait un appel à l’aide.

Ses fils voulaient la rendre fière. L’aider et la protéger. Ils pensaient qu’être les rois de la pègre feraient d’elle une mère comblée. Des petits vols et trafic, ils devenaient des hommes fidèles. Elle ne voulait pas savoir s’ils avaient fait taire des hommes. Elle ne voulait pas savoir avec qui ils négociaient. Elle ne voulait pas savoir les secrets qu’ils détenaient.

Elle voulait simplement qu’ils restent en vie.

Elle avait baissé les yeux, perdu son sourire de façade joyeux. Ses yeux brillaient. Les larmes montaient vites, mais ne coulaient jamais. Elle savait les rattraper.

« - Comment tu vas, Penny ?
- Comment crois-tu que je vais… ? demande t-elle, la voix douce, je suis mère, je suis seule. Italienne surprotégée dans un Club Italien. J’ai parfois l’impression d’être une pièce de collection qu’on doit écarter des moindres chocs. »
Elle avait résumé à quoi ressemblait sa vie. Où essayait de la protéger de tout, alors que tous l’atteignaient. Elle baignait dans des affaires qu’une mère si douce ne méritait pas de voir et pourtant, elle les connaissait aussi bien que tous les hommes ici.
Elle regarde la salle. Presque tous sont des hommes de Falcone, pratiquement tout le Club lui a prêté allégeance et ceux qui n’en sont pas encore le tienne en respect.
L’endroit ne se prêtait pas à lui parler de ses états d’âme.

Elle attrape la joue du policier, pose délicatement ses doigts au commencement de sa mâchoire. C’est à peine si la pression de ses doigts se fait ressentir. Elle a toujours été douce, même avec lui. Elle n’est jamais brusque. Elle a toujours su lui rendre de l’affection lorsqu’il le fallait.
Elle observe son visage, attentivement. Dans ses moindres détails, elle l’étudie. Son regard profond est doux.
« - J’aimerais te certifier que je vais mieux que toi. »

Ils ne s’appréciaient peut-être pas toujours. Ils avaient peut-être eu des différends. Elle lui en voulait, parfois, d’être un peu trop dans ses affaires, d’être au mauvais moment, au mauvais endroit, mais elle ne souhaitait pas tant de peine pour lui. Elle s’en souhaitait à personne. Elle lisait la peine sur son visage. L’affaire Nygma avait fait des vagues, elle en avait entendu parler, dans les grandes lignes. Elle sentait qu’il ne fallait pas en parler, la plaie ouverte. Elle aurait voulu lui dire qu’elle était désolée, mais se contenta de le regarder avec une peine sincère. Du pouce, elle dépose une brève caresse qui suffisait à tous ses mots.
« - Essaye de te reposer, Harvey. »
Elle baisse les yeux, retire sa main et la dépose sur la sienne. Du petit doigt, elle désigne le verre à whisky.
« - Ne laisse pas les glaçons fondrent. »

Elle retire un de ses escarpins et remonte sa jambe contre la banquette. Elle lisse sans y penser sa longue robe noire sur cuisses, assise comme une enfant près du policier.
« - Le noir n’est plus aussi intense qu’il y a dix ans… soupire la belle, en observant la couleur de sa robe, pourtant encore divine, comme tu n’exhibes plus ton badge en passant la moindre porte. »
Elle tire une dernière bouffée de cigarette avant de tendre la main vers le badge à la ceinture de l’inspecteur.
« - On ternit avec le temps… Comme ton badge. Je me souviens comme tu te plaisais à me le faire miroiter sous le nez… Fabrizio a essayé de te le voler, quand il pouvait encore tenir sur mes genoux. »
Elle rattrapa une perle sur sa pommette et masque sa tristesse avec un rire. Ils avaient changé… Le temps avait eu raison d’eux.

Elle repose son coude contre la banquette. Son esprit s’échappe ailleurs. Elle essaye de ne pas revoir l’époque où ses fils pouvaient tirer la langue à l’inspecteur, planqués derrière ses genoux. Elle essaye de ne pas ressentir l’absence de son époux. Elle ne doit pas repenser à la poigne d’Harvey, sur son épaule, lorsqu’il a essayé de la réconforter. Elle ne veut pas regretter de lui avoir dit que tous avaient été de sa faute, lorsque ses deux fils ont été retenus au poste.
Le temps avait fait son oeuvre, elle ne pouvait pas le changer.

Son regard s’accroche sur un des hommes de Falcone. Il lève son verre vers elle, regarde tour à tour la Madonna et le Detective. Alors qu’il allait se lever, elle secoue la tête, agite la main, radoucissant l’homme de main.
« - Il y a trop longtemps que tu n’es pas venu… Ils t’ont presque oublié. »
Un serveur passe, dépose un café sur la table. La belle le remercie en lui envoyant un baiser.
« - A moins que tu ne te sois assagis… ? »
Elle plisse les yeux, comme curieuse, mais elle ne veut pas savoir. Non. Elle mord ses lèvres rouges, ses doigts fins se posent sur ceux d’Harvey. « Ne me réponds pas, je t’en prie… » murmure t-elle.

Elle trempe ses lèvres dans le café et repousse aimablement la tasse vers le Détective. D’une main, elle redresse ses cheveux courts, perdant ses doigts dedans.
« - Vous resterez encore quelques chansons, inspecteur ? »
Elle avait l’habitude de le voir fermer les bars. Elle quittait souvent le Club alors qu’il était encore là, à rire fort. Elle l’avait subi en fin de soirée, ils s’étaient déjà disputé, mais ce soir, c’était différent.
Ils ne s’étaient pas vu depuis longtemps et, pour une fois, leur entrevue ne tournait pas au vinaigre. Pourquoi ne pas réparer les pots cassés ?

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MessageSujet: Re: I'm a fool (Harvey Bullock/Penny Eldridge)   Sam 21 Mar - 22:59


I'm a fool, of course.



 Il y avait tant de souvenirs entre eux et tant de pensées dans la bouche de la jeune femme. Cela eut pour effet de lui faire réfléchir sur le commencement de tout ça. Il savait que s’il n’avait pas été flic, il aurait fini mal. Il y avait tant de violence dans ses gros doigts, tant de juron sur sa langue, tant d’impulsivité dans ses hanches. Il aurait pu tomber dans la pègre et c’est surement pour cela qu’il été parvenu à marcher sur cette dangereuse ligne durant presque toute sa vie. Il passait du bureau du commissaire aux bordels, de la cour de justice au marché noir. Combien de fois avait-il manqué d’être tué pour ça ? Trop de fois et à la fois pas assez. Chaque jour, il se disait qu’il pouvait faire plus. Il n’était pas un héros, il n’était pas celui dont les enfants voulaient ressembler. Il n’était pas envié, ni même aimé. Pourtant, il était là pour eux tous. Il donnait toutes ses tripes pour avoir la satisfaction de voir éclore sur son visage de poupée un sourire. Il aurait aimé de pas être responsable d’autant de douleur mais il se devait de le faire. Il aurait aimé ne pas enquêter sur autant de mort mais il savait que quelque part, il sauvait aussi des vies. Cependant, les paroles de l’homme mystère hantaient son cerveau. Seul, il était seul. Peut-être mourait-il ainsi. Il craignait tellement de mourir comme il avait vécu. Il s’accrochait à Gordon comme un désespéré mais ce dernier ne le serait peut-être jamais combien il comptait pour lui. Il était son seul et unique salut. Il voulait prouver qu’il valait mieux que toutes ses années d’erreur, à s’amouracher du danger. Mais à qui voulait-il le prouver ? « Vous êtes seul. Vous serez toujours seul et personne ne vous accordera autant d’intérêt que moi à l’heure actuelle. » Cette phrase le fit serrer les dents alors que Penny lui parlait de ses enfants. Il se forçait à l’écouter du mieux qu’il pouvait mais les fantômes de ses partenaires hantaient sa cervelle. Il comprenait cependant ce qu’elle essayait de lui dire à demi-mot. Ses fils n’étaient plus les adolescents qu’ils avaient connus. Ils n’étaient plus les petits caïds de seconde zone qui cherchaient à jouer les durs. Ils étaient plus que ça. Il ne releva pas, se contentant de la regarder plus intensément. Il la plaignait. Il la plaignait car le risque de perdre ses enfants venaient de redoubler. Cependant, elle était une femme forte. Elle était la Mère. Avec un grand M. Elle était la femme par excellence. Elle était belle, elle était douce et semblait pouvoir porter le poids du monde sur ses maigres épaules. Elle n’avait pas tort en se décrivant. On avait envie de la protéger. Quoi de plus normal en la voyant, se disait-il. Elle avait tant vécue. Soudain, il sentit sa main froide sur sa joue, le sortant de ses pensées de force alors qu’elle mettait dans ce geste, toute la douceur du monde. Il se tendit, légèrement mais la laissa faire. Cela faisait bien longtemps que quelqu’un ne lui avait pas offert un geste de réconfort et il décida d’en profiter. Il n’osa pas fermer les yeux, la regardant davantage avec son regard canin.

- Ça va, ça va. Affirme-t-il par soucis d’ego. Tu me connais depuis le temps.

Oui, et c’était justement parce qu’elle le connaissait qu’elle s’inquiétait mais cette remarque resta silencieuse. Elle détacha finalement sa main de son visage et l’invita à boire, ce qu’il fit sans résister.

- Bien m’dame.

Il était tellement plongé dans ses pensées qu’il avait gardées sa main sur son verre mais sans l’apporter à ses lèvres. Il corrigea ceci en l’avalant cul sec, plus attentif cette fois-ci. C’est vrai qu’il y a quelques années, il était différent. Dans le bon ou dans le mauvais sens, il ne saurait le dire mais c’était un fait. Il glissa un œil sur sa robe un instant avant de sourire en écoutant ce souvenir.

- Oui je me souviens ! A l’époque, ce sale gosse ne m’arrivait même pas à la taille.

Il rit franchement avant de poursuivre. Il n’avait pas remarqué sa tristesse ou peut-être n’avait-il pas voulu la remarquer. Il était trop maladroit pour savoir gérer ses propres sentiments, alors les sentiments d’une femme. C’était sans doute pour ça qu’il avait divorcé six fois.

- J’ai l’impression d’avoir déjà un pied dans la tombe à t’entendre, Penny. J’ai à peine quarante-deux ans tu sais. Tu ne dois pas avoir plus... Excuse-moi, enchaina-t-il aussitôt. On ne demande pas son âge à une dame, fit-il en se grattant la barbe, mal à l'aise.

Il sentit lui aussi l’agitation dans son dos. Les regards étaient plongés sur eux et ce n’était pas apprécié. Il tourna légèrement la tête vers l’homme de main. Il le reconnaissait bien sûr. Il n’oubliait jamais un visage. C’était l’avantage dans son métier et aussi sa malédiction. On n’oubliait jamais rien. Si ce soir-là il n’était pas avec Penelope, sans doute lui aurait-il fait une remarque ou deux sur le fait que sa sœur avait été surprise en train de se prostitué auprès des Maroni –ce qui était vrai, et sans doute volontaire pour récupérer quelques informations. Il s’abstient, se contentant de soulever son verre vide comme pour le saluer.

- Ils ont la mémoire courte. Ah, on sait se souvenir des kilos de coke, mais les bons copains, ça !


Provoquant, comme toujours mais il se contenait.

- A moins que tu ne te sois assagi… ?

Cela le fit taire une seconde avant qu’il n’ouvre la bouche pour répliquer quelque chose, bizarrement honteux. Elle posa ses doigts sur ses lèvres, le faisant taire. Cela faisait longtemps que Bullock n’avait été aussi gêné et aussi intimidé. Ce n’était qu’un bout de femme et pourtant, il se sentait bien maladroit vis-à-vis d’elle. C’était bien plus facile de récupérer sa déposition ou de lui dire bonjour lorsqu’elle allait chercher ses enfants en taule plutôt que d’avoir une vraie conversation avec elle. Ils en avaient eu trop peu. Elle lui demanda s’il restait jusqu’à la fin. Il regarda son café puis il la regarda elle. Il ne voulait pas être seul. Nygma aurait tort.

- Seulement si tu permets que ce soit moi qui t’offre un café la prochaine fois. Je veux dire, pas ici. Ailleurs. Neutre tu vois.

Il avait du mal à formuler ses phrases, il mangeait ses mots en essayant de s’exprimer rapidement. Il se serait gifler mentalement d'oser lui faire pareil offre après tout ce temps, et ici. Six divorces ne t'ont pas suffit, Bullock ?

Il avait du mal à formuler ses phrases, il mangeait ses mots en essayant de s’exprimer rapidement. Il hésita, n'osant tenter un geste à son encontre sans sa permission. Il finit par tenter un mouvement vers ses doigts, les touchant à peine.

- Pénélope, est-ce qu'on se connait vraiment malgré les années ?

Une vraie question qui ne nécessitait pas vraiment de réponse au final mais c'est ce qu'il avait besoin de formuler. Il se demandait sérieusement s'il connaissait vraiment quelqu'un en dehors de Jim Gordon. Montoya peut-être, et encore, sa collègue restait mystérieuse dans bien des domaines. Il recula doucement sa main, la regardant de ses iris clairs.




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MessageSujet: Re: I'm a fool (Harvey Bullock/Penny Eldridge)   Dim 22 Mar - 23:30




Harvey & Penny
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Elle avait cette bienveillance naturelle et sans accroc. Une bienveillance que rien n’ébranlait sauf la perversion, la violence ou l’égoïsme. Elle avait un grand coeur, un coeur profond. Si elle avait pu, elle aurait protégé tous les coeurs grâce au sien, les soigner aveuglément, mais elle manquait de temps.

Si son coeur à elle était blessé, elle trouvait toujours le temps pour rire et sourire. Une forme de réconfort, d’une part. Et une autre d’espoir. Elle souriait pour ceux qui avait peur pour elle, elle se montrait forte. Par devoir, probablement.
Le rire d’Harvey lui réchauffe le coeur. Parce qu’il est vrai, qu’il ne se cache derrière rien… Il rit, simplement. Elle aime les gens qui rit. Elle aime les gens qui affrontent la vie. Bien qu’une larme lui ait échappé, elle lui sourit. Elle laisse échapper un rire attendrit, rehaussant ses pommettes en le regardant rire sans honte ni voilage. Elle préférait le voir ainsi.
« - J’ai l’impression d’avoir un pied dans la tombe à t’entendre, Penny. »
Elle ouvre la bouche, affolé. Ses mains fines s’agitent au-dessus des siennes. Gêné, elle les pose sur ses lèvres, avant de rire tristement en se cachant les yeux.
« - Oh, non ! Loin de là, ce n’est pas ce que je voulais dire ! rit-elle en cherchant à s’excuser, oh… excuse-moi, scusi !
- J’ai à peine quarante-deux ans, tu sais. Tu ne dois pas avoir plus… Excuse-moi. On ne demande pas son âge à une dame.
- Une dame… Comme vous y allez, Détective Bullock, raille-t-elle, en lui adressant un regard de duchesse, pas le moins gêné du monde, nous avons le même âge. »

Elle n’avait pas peur de dire son âge. Elle ne cherchait pas à jouer les jeunes filles. Elle était loin de cette course futile contre le temps. Elle ne rattraperait pas et elle ne voulait pas voir la tristesse durer plus longtemps.

Elle n’avait pas voulu savoir ce qu’il faisait de ses journées, ou de ce qu’il avait réellement fait, ces années durant et pourtant… Pourtant, il parlait vite. La drogue, elle en a trop entendu, elle a fermé les yeux sur ce qu’elle a vu. Elle a fait mine d’être idiote et naïve quand ses garçons ont fait passer la marchandise par la maison. Elle avait chanté en voyant les Falcone faire tourner les kilos illicites dans le club.
Elle fronce les sourcils, le sermonnant silencieusement de ses actes, mais de toutes évidences, il était trop tard.
« - On ne vous a pas assez tiré les oreilles… murmure-t-elle. »

Elle se replace sur la banquette, rattrape une bretelle entrain de chuter de sa maigre épaule. Le menton dans le creux des mains, elle l’observe avec surprise.
« - Seulement si tu permets que ce soit moi qui t’offre un café la prochaine fois. Je veux, pas ici. Ailleurs. Neutre tu vois.
- J’ai permission de minuit, monsieur… lui répond-elle, non sans cacher sa surprise. »

Elle avait prie l’habitude de refuser les rares invitations qu’on lui lançait. Rare parce qu’elle présumait que ses fils ou les hommes de Falcone dissuadaient ces potentiels prétendants. Elle avait l’impression d’être cette veuve maudite que personne n’ose fréquenter. Malgré tout, elle ne cherchait pas à s’entourer d’hommes, elle avait ses fils et ça lui suffisait.
Elle rougit, néanmoins, à la proposition. Elle ne s’en cache pas, elle mordille ses lèvres comme un petit animal apeuré. Boire un café avec Harvey Bullock faisait partie des idées qui n’auraient probablement fleuri d’eux mêmes dans son esprit, mais elle n’avait pas hésité. Elle avait répondu présente, instantanément.

« - Tu n’as peur de rien… ose-t-elle plaisanter, je suis très difficile en café ! La mama en moi est intransigeante. »
Elle bifurque vers le café, bien qu’elle ne le vise pas. Ses fils, bien évidemment, n’aimeraient pas apprendre que celui qui les avait coffré une fois venait d’inviter leur mère dans un tête à tête autour d’un café. Elle aurait des questions, lui aussi, certainement. C’était particulier, entre eux. Ils ne jouaient pas sur le même terrain, ni dans le même camp, bien qu’elle n’ait jamais souhaité faire partie du jeu. Elle subissait les règles, sans broncher.
Elle sent les doigts épais de l’inspecteur se poser près des siens. Sa main ne recule pas, mais elle n’avance pas plus. Elle le laisse faire, innocemment. Elle n’a rien contre son contact, elle l’a cherché plusieurs fois ce soir. Sans arrière pensée, ni désir particulier,

« - Penelope, est-ce qu’on se connait vraiment malgré les années ? »

Elle l’observe, silencieuse. Ses sourcils fins s’inclinent. Cette fois, elle pousse ses doigts sous les siens. Juste le bout avant de saisir le majeur d’Harvey de ses doigts fins.
« - Si tu m’offres plus qu’un café, nous aurons le temps de le vérifier… »
Elle sent sa main partir, elle ne la rattrape pas, se recule avec politesse. Elle respecte la fragilité sous jacente de Bullock. Une fragilité qu’il ne montre pas, protège et garde secrète. Elle la ressent, pourtant. Elle l’éprouve, trouve ça touchant. Cette petite touche fragile et tremblante qu’elle perçoit, qu’elle a l’impression d’être la seule à pouvoir mettre en branle.

Elle regarde l’heure et repose ses pieds au sol. Si Harvey profitait de la soirée, elle, devait travailler. Fluide et discrète, elle contourne la tête.
« - Je vais te mentir pour ce soir et te certifier que, parfois, les maman ont un frigo vide… »
Elle rit avec légèreté replace ses cheveux courts. Elle se lève pour rejoindre la scène. Elle est pieds nus, candide et innocente.
« - Je me réserve le droit de refuser de manger italien, ce serait trop facile ! Je te laisse le temps de réfléchir. »

Elle traverse la salle, remonte sur la scène, frôlant le parquet de ses pieds nus. Elle s’assied, sur le bord de la scène. Sa robe recouvre ses jambes. Douce, comme une poupée, elle s’apprête à chanter. Elle n’a pas l’air réel, presque féerique. Elle se met à chanter The Girl From Ipanema, d’une voix chaude. On dirait qu’elle évoque un conte, accompagné par une basse langoureuse. La chanson évoque le temps qui passe, d’un homme qui se rend compte qu’il a vieilli et que la vie, elle, continue sa route. Il le voit à travers les yeux d’une adolescente…

« But I watch her so sadly,
How can I tell her I love her,
Yes I would give my heart glady,
But each day, when she walks to the sea,
She looks straight ahead, not at me
 »

L’histoire évoque la jeune fille qui passe, sans le voir, mais lui, la contemple, tristement. Elle s’en écarte, mais il ne peut pas la rattraper.

Elle relève les yeux vers Bullock, un sourire fleurit dans sa voix, alors qu’elle lui en accorde un. La lumière est suffisamment tamisée pour qu’elle puisse le voir. Ses orteils effleurent le parquet. Elle profite d’un moment instrumental pour se relever. Elle reprend appuie sur la pointe de ses pieds, danse lentement, en candeur et volupté. Le rythme ralentit, au même rythme que sa danse improvisée. Sa longue robe balaye le sol, derrière elle. Elle joue lentement sur scène, la main posée sur le pied du micro.

« I've got a crush on you, sweetie pie
All the day and nighttime, hear me sigh
I never had the least notion
That I could fall with such emotion
. »

Elle reprend avec un ton enjoué un morceau connu d’Ella Fitzgerald. Elle laisse la tristesse de côté, elle préfère l’amour. Elle préfère les coups de foudre.

« The world wii pardon my mush
Cause I’ve got a crush… my baby… on you…
 »

Elle s’incline, repose ses fines mains sur ses genoux. Elle entend des sifflements, envoie un baiser de ses deux mains à qui elle peut et descend de la scène, toujours pieds nues avant de trottiner vers la table où elle se trouvait précédemment.
Un frisson anime son petit corps. Elle recouvre ses épaules de ses mains et remonte ses cuisses près d’elle. Elle est comme un écureuil qui cherche à se réchauffer et se protéger du froid, trop petit pour se suffire à lui-même.

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MessageSujet: Re: I'm a fool (Harvey Bullock/Penny Eldridge)   Ven 3 Avr - 0:34


I'm a fool, of course.



 Il lui avait demandé innocemment mais il n’aurait pas cru qu’elle accepterait. Il s’était préparé à un refus poli. Elle était tellement adorable. Même lorsqu’ils n’étaient pas d’accord ou qu’il s’infiltrait dans les affaires de famille, jamais elle n’avait été méchante envers lui. Jamais d’insulte, jamais d’horreur. D’une certaine façon, elle était son contraire. Lui il se fâchait pour un rien, frappait, tabassait, insultait. Elle touchait, caressait et parlait. Elle avait le pouvoir des mots quand il avait le pouvoir des coups. Il baissa doucement les yeux. Il gratta sa barbe dans un air gêné.

- Ne te sens pas obligé d’accepter pour me faire plaisir, Pénélope.


Elle lui confia alors qu’elle était difficile en café. Cette confidence, cette blague ou quoi que ce soit que c’était eut don de le détendre. Il redressa doucement la tête, lui offrant une nouvelle fois un rire franc.

- Le flic en moi l’est aussi. Pourquoi crois-tu que je viens ici si souvient ? Il lui fit un clin d’œil. Vous avez un excellent café.

La mama italienne et le flic américain. On aurait cru à une mauvaise histoire. Elle glisse ses doigts contre les siens mais Bullock ne laisse pas durer le geste. Il esquisse un sourire désolé. Dans sa tête, une excuse toute faite était prête « Tes potes vont nous voir » mais il n’avait pas besoin de cette fausse excuse. Elle ne posa pas de question et ne tenta même pas de le retenir. Elle souriait juste, tendre. C’était vraiment une femme incroyable. Mal à l’aise, il continua de parler l’air de rien.

- Plus qu’un café ? Deux cafés ? Madame est très exigeante !

Il la taquina pour éloigner le malaise. Il aimait les femmes. Il en fréquentait beaucoup dans son métier. Les veuves, les épouses, les victimes, les prostitués. Le monde de Gotham était fait de femme de toutes les conditions et ses collègues aimaient s’amuser à ses dépens de ses fréquentations. « Hn, ça sent le bordel ici. Bullock, tu nous ramènes quoi aujourd’hui ? » Peut-être parce qu’il était l’un des rares flics que les bordels autorisaient à parler boulot. Il avait ses contacts et les femmes étaient bavardes.

Penny échangea le second café pour un diner. Les épais sourcils de l’inspecteur se soulevèrent à cette annonce. Elle lui proposait de manger avec lui ? Un vrai repas ? Une sorte de rancart ? Cela faisait quelques années qu’il n’en avait pas eu un et le concept lui semblait presque étranger à l’oreille, malgré ses six ex-épouses. Elle se lève avant même qu’il n’ait eu le temps de répondre. Il devait trouver un restaurant. Ce soir. Elle lui laissait le temps de terminer son travail. Il la regarda s’enfuir, pied nu, comme une adolescente. Ou même une elfe. Il ne serait comment la décrire autrement. Une femme pieds nus, assise sur le devant de la scène dans sa jolie robe sombre, si fraiche malgré l’heure qui tournait. Il réfléchit à toute vitesse. Peut-être est-ce l’alcool. Peut-être est-ce l’horreur qu’il avait vécu. Peut-être était-ce cette solitude grandissante. Peut-être était-ce tout cela à la fois. Dans tous les cas, il trouvait Pénélope particulièrement belle ce soir. Il avait envie de se laisser tenter. D’oublier tous les risques et toutes ses angoisses auprès d’elle. Juste l’écouter et parler, sans prise de tête. Juste eux, sans bagage ni remord. Pouvait-il être juste Harvey Bullock et non pas l’inspecteur Bullock ? C’était à elle de le dire. Il l’ignorait. Il sourit doucement en l’écoutant chanter, répondant à son sourire. Oui, il avait envie de tenter. Ce soir, il n’y avait plus de flic, plus de Nygma, juste elle et lui. Peut-être qu’il ne se passerait rien entre eux mais il était certain qu’il n’avait aucune envie d’être seul ce soir. Il applaudit à son tour, sans se poser la moindre question. Elle méritait cette gloire, même si cela restait à l’intérieur de ce bar. Oh, elle méritait bien plus. Elle revient à lui, il la siffla du bout des doigts jusqu’à ce qu’elle l’atteigne.

- De plus en plus douée avec les années, tu as pensé à viser plus haut ? Il leva les yeux au ciel. Personne ne veut rester à Gotham pour toujours.

Elle tremblait. Il retira sa veste tout en quittant son siège. Il glissa le cuir sur les épaules de la brune. Comme si l’acte était anodin, il enchaina, chassant le malaise. Mal à l’aise du geste mais aussi du lieu qu’il allait lui proposer. Cen n’était pas du tout son genre d’univers mais il ne connaissait aucun restaurant, du moins dans ses moyens.

- Je te propose un bar à Tapas. Je sais que ce n’est pas grand-chose mais je pense que ça peut te plaire si la cucina Italiana ne te fait pas envie. Il grimaça en s’entendant parler cette autre langue qu’il massacrait. Promis, j’arrête l’italien.

Il s’assoit sur le bout de la chaise, la regardant doucement.

- Sérieusement, pourquoi restes-tu ? Pourquoi n’as-tu pas pris tes fils et quitter ce merdier depuis le temps ? Même moi j’y ai pensé, j’y pense encore même.

Il soupira.

- Désolé, je me fais vieux. Je ne raconte plus de bonne histoire. Essayons de passer une bonne soirée.


Il lui offrit un sourire de loup de mer, effet qui s’intensifia lorsqu’il remit son chapeau sur sa tête.




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MessageSujet: Re: I'm a fool (Harvey Bullock/Penny Eldridge)   Lun 13 Avr - 16:01




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Curieusement surprise, elle pose sur Harvey ses orbes brunes. Elle a l'habitude de recevoir des applaudissements. Tout en retenue et modestie, elle est surprise. Chaque soir, elle écarquille ses grands yeux lorsqu'elle quitte sa scène, sa chanson, qu'elle revient à la faune de Gotham. La faune de Gotham qu'elle pourrait calmer et adoucir avec sa voix, quelques instants. Elle aimerait être capable de plus, mais elle n'est qu'un petit bout de femme dans une ville trop cruelle.
Elle bat des cils, dévisage le roc qu'est Bullock, la sifflant.

« - De plus en plus douée avec les années, tu as pensé à viser plus haut ? »

Elle incline la tête. Ses sourcils se froncent à peine. Le bout de son petit nez se plisse.

« - Personne ne veut rester à Gotham pour toujours.
- Peut-être que Gotham est maudite… Une fois qu'on y est, elle nous garde. »

Elle esquisse un sourire et détourne la tête, cherchant une vision au loin qu'elle n'atteint pas. Il n'y a que les tentures pourpres, les épais rideaux qui cachent les rues. Les bouteilles, la fumée, les hommes, l'argent. Le paysage qu'elle voit n'a jamais changé.

« - Les contes de fées diraient qu'un chevalier brisera la malédiction et que Gotham vivrait sous le soleil pour des siècles, mais je n'en connais pas. »

Il y avait Batman, mais il n'arrangeait pas sa vie. Il y avait le GCPD, mais c'était une source d'ennuis de plus. Elle n'ose pas regarder Harvey, qu'elle ne considère pas comme un chevalier. Elle le connaît, il est une victime de Gotham de plus, mais pas un chevalier. Son coeur se pince lorsqu'elle la lourde veste en cuir retombe sur ses épaules. Elle amorce un rire en croisant ses bras contre ses genoux. « Il te manque encore un cheval blanc, Harvey. » murmure-t-elle, moqueuse, mais maternelle.

« - Je te propose un bar à Tapas. Je sais que ce n’est pas grand-chose mais je pense que ça peut te plaire si la cucina Italiana ne te fait pas envie. »

Elle pose ses ongles entre ses lèvres, comme blessé en plein de cœur avant de tapoter son épaule d'une main confidente.

« - Promis, j'arrête l'italien.
- Je te donnerais des cours de rattrapage entre deux interventions. C'est dans la cuisine qu'on apprend le mieux. »

Elle hoche la tête. Elle n'avait pas vraiment envie d'évoquer l'adage qui parlait de l'oreiller.

« Sérieusement, pourquoi restes-tu ? Pourquoi n’as-tu pas pris tes fils et quitter ce merdier depuis le temps ? Même moi j’y ai pensé, j’y pense encore même. »

Elle caresse sa jambe sans y penser. Elle y a toujours vécu. Elle y est née, y a construit sa vie, mais pourtant, Gotham ne lui a jamais rendu. Elle s'accorde le temps de réfléchir à ce qui la retient ici, mais n'y répond pas. Elle ne croise pas le regard de l'inspecteur.

« - N'abandonne pas Harvey… Qu'est-ce qu'il nous arriverait alors ? »

Elle ne lui demande pas de rester pour elle, elle ne peut pas se le permettre. Il faut que les hommes comme Harvey restent à Gotham, pour protéger, d'une manière ou d'une autre ceux qui était dans sa situation à elle : coincée à Gotham, subissant Gotham. Harvey était une des branches à laquelle elle savait qu'elle pouvait se rattraper. Il n'avait pas un mauvais fond et elle le savait. Il mettait son nez partout, était par moment tête brulée, mais il n'était pas mal intentionné. « Excuse moi, je ne voulais pas te mettre une pression supplémentaire. »

Elle enfile ses escarpins et passe ses doigts dans ses cheveux courts. Ses mouvements sont lourds, lents. La veste lui pèse sur ses épaules, mais elle l'apprécie. « Quelle âge a ce chapeau ? »

Elle se lève alors, appuie à peine ses mains sur son bras. Elle l'invite à la suivre, sans se perdre dans l'affection. Le terrain n'est pas vraiment neutre. Elle ne veut pas que ni l'un ni l'autre n'aient d’ennuis. Elle n'a pas honte de lui, mais elle préfère que personne ne s'intéresse de nouveau à elle. Elle ne veut pas être l'ennui de quelqu'un. Elle ne veut pas quelqu'un soit son ennui.

Elle se dirige vers la sortie, adresse des signes de mains, dépose quelques pièces sur le comptoir et sort dans l'air frais de la nuit.
Les sirènes hurlent, au loin. Le bruit de la ville lui plaisait, lorsqu'elle était petite fille, mais désormais, elle en a peur. Elle se resserre près d'Harvey, croisant la veste contre son coeur.

« - Est-ce qu'il t'arrive de trembler, Harvey ? Demande-t-elle, discrète.»

Elle aurait pu parler du froid, elle aurait pu parler de l'ambiance. Elle pince ses lèvres, essaye de paraître plus forte.

« - Tu es grand, tu as des mains grandes comme celle d'un ours, elle lui montra ses petites mains fines, tu aboies fort et je suis sûre que tu mords au sang, mais est-ce que tu trembles ? »

Ses yeux le détaillent. La musique du club reprend. Elle entend encore les éclats de voix, venant de l'intérieur, les voitures de police passent rarement dans le quartier, hormis celle qui sont en accointance avec les famillia. Une sirène hurle à nouveau, au loin, la faisant sursauter encore plus près de l'inspecteur. Un hoquet d'angoisse la prend, mais elle se calme, serrant un peu plus ses mains contre la veste de cuir.
« - Tu as raison, passons une bonne soirée… Nous avons besoin d'autres choses que Gotham, au moins pour une nuit. »

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MessageSujet: Re: I'm a fool (Harvey Bullock/Penny Eldridge)   Dim 10 Mai - 2:38


I'm a fool, of course.



 Ne pas abandonner. Cette phrase bourdonna jusque ce dans sa cervelle, dans les diverses fleurs de ses souvenirs. Souvenirs nouveaux, souvenirs fanés, souvenirs germant. Une abeille d’allure charmante mais comme toutes les abeilles, sa piqure était douloureuse. Cela lui rappelait toutes les promesses qu’il s’était fait à lui-même alors qu’ils observaient chaque jour un peu plus cette ville pourrir. Avec les années, elle avait atteint un taux de criminalité encore jamais vu il y a seulement cinq ans en arrière. Les guerres étaient de plus en plus violentes et les pertes de plus en plus lourdes. L’asile n’était pas un gage de sécurité et encore moins la prison. C’était sa ville. C’était sa ville et il en était responsable, comme toutes les pauvres âmes même si la plupart ne le réalisait pas. Il était responsable mais combien de fois s’était-il dit qu’il serait mieux dans une petite ville tranquille et sans histoire à manger des donuts et fumer quelques cigares. Il sentait cependant que cette phrase, prononcé surement avec le cœur, rajoutait un poids supplémentaire à ses épaules. Il ne pouvait pas abandonner. Tout comme Jim ne le pouvait pas. Ils n’étaient certes pas grand-chose dans cette ville mais ils étaient les seuls à avoir le droit de le faire. Sinon, sur qui les gens s’appuieraient ? Ce rigolo de Batman ? Il sourit légèrement pour cacher son trouble, secouant la main.

- Quelle pression ? Allons, allons. C’est mon job !

Il aurait aimé avoir quelqu’un sur qui se reposer à son tour. Il ne pouvait compter que sur Jim Gordon et avec les derniers évènements, il l’évitait. Il se sentait tellement coupable d’avoir joué le jeu de Nygma. Il se saisit aussitôt du nouveau sujet qu’elle lui tendait, affichant le visage joyeux que l’on lui connaissait lorsqu’il n’était pas bougon.

- Vingt ans. On me l’a offert quelques temps après que j’ai intégré le GCPD. C’est bien drôle d’histoire et je t’interdis de te moquer ! Alors voilà, c’était deux jours après avoir appris les résultats…

Il lui raconta l’histoire fabuleuse du jeune flic qu’il avait été, de sa première enquête qui nécessitait la protection de quelques jeunes et belles témoins. Il lui raconta dans un ton comique la façon dont il avait été courageux, fort, exceptionnel, exagérant chacun de ses faits avec ses mains. Il jouait les héros pour l’amuser. Ils finirent par sortir du bar. Il se pencha vers elle et il dit dans un ton plus bas :

- Bon d’accord, c’est ma mère qui me l’a offert après mes résultats mais chut, secret défense.

Le hurlement d’une sirène de police vient se faire entendre. Bullock releva doucement la tête, observant les rues plus loin pour tenter d’apercevoir dans quelle direction ils allaient. Il pensa une seconde à les suivre mais le corps féminin qui se collait à lui fut comme une petite gifle. Il n’allait tout de même pas la laisser. Il se débrouillerait bien sans lui. Il la regarde et fit une nouvelle tentative d’humour. Il était tellement plus simple de faire le pitre, l’imbécile, le rustre, plutôt que de se montrer vrai. Il avait toujours joué ainsi. Son affrontement avec le sphinx était la preuve certaine qu’il connaissait la peur. D’ailleurs, sans doute ne l’avait-elle jamais quitter.

- Oh, oui. Quand il n’y a plus de café par exemple.

Il garda un silence poli lorsqu’elle expliqua davantage ce qui la troublait. Il plaça une de ses mains autour de son épaule. Il était doux, comme s’il craignait de la blesser avec ses pattes d’ours. Il aurait aimé que le GCPD soit un symbole de force et de sécurité, mais parfois, ils oubliaient que les premières victimes des criminels, c’était leur proche.

- Oui.

Est-ce qu’il répondait à sa question ou sa demande de profiter de cette nuit encore pleine ? C’était à elle de le décrypter. Il la poussa gentiment vers sa voiture et il lui ouvrit sa portière, gentleman de fortune auprès de la lady italienne.

Un quart d’heure plus tard, ils furent accueillis par les lumières bleues et violettes de L’Ingénu. Si l’extérieur ressemblait à une véritable boite de nuit par ses excès de lumière, surement pour attirer les plus bourrés des clients, l’intérieur était simple, clair. On y respirait à pleine bouffé et le patron salua d’un geste son client préféré. Bullock avait beaucoup de bars dont il était fidèle client. Il se dirigea vers lui d’un pas décidé et souffla quelques mots. Il acquiesça et on les dirigea vers une petite table isolée où une rosace avait été gravée à même le bois. Il retira doucement son chapeau qu’il posa sur le côté, la carte des menus les attendait mais le Bulldog n’était pas pressé. Bien sûr qu’il avait faim, il avait toujours faim d’ailleurs mais il voulait s’y prendre bien ce soir. Il n’était pas avec Montoya, mais avec Penny.

- Bon, je suppose que ce n’est pas le genre d’endroit que tu fréquentes d’habitude mais je t’assure qu’ils font les meilleurs tapas de l’état et surtout, ils offrent le café et du bon. Si on m’offre de la bonne bouffe et du café gratos, je suis ton homme !

Ou ton ours. Il se sentait tellement maladroit. C’était une chose de parler ainsi avec ses collègues, c’était une autre de parler ainsi avec une femme. Surtout que lors relation n’était pas une merveille, il ne voulait pas qu’elle regrette au final son choix.

- Je t’assure. Il en faut peu pour me satisfaire.
Enfin, il s’emmêla et sa voix prit un rythme rapide et confus. Je ne parle pas de toi. Toi tu es très bien. Même plus que bien. Et je ne te compare pas à des tapas hein. Non si tu étais de la nourriture tu serais plutôt un muffin ou quelque chose comme… mais qu’est-ce que je dis !

Il prit le menu et cacha son visage avec, regardant avec toute l’attention du monde ce qui apparaissait sous ses yeux. Il tacha de se calmer et il articula doucement, bien caché derrière l’image d’un tapas aux calamars.

- Je voulais juste te demander si tu aimais cet endroit.

Aucun douce, cet homme-là tremblait. Il la laissa répondre avant de rajouter.

- Tu sais, j’ai énormément de questions à te poser. Rassure-toi, je ne compte pas monter un dossier sur tes réponses. Il rit puis demanda finalement : tu parles vraiment bien américain et sans aucun accent. Tu parlais déjà cette langue quand tu habitais encore l’Italie ou tu es juste douée ?






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